L’horizon, Patrick Modiano

Jean Bosmans se souvient. Des noms, des bribes, des images… il note tout ça dans son carnet moleskine à la couverture noire. Et il se souvient de Margaret Le Coz, qu’il attendait presque tous les soirs à 19h à la sortie de son bureau. Ils étaient amis, amants peut être on ne sait pas. Elle avait peur d’un homme, il avait peur de cette femme que l’état civil appelait sa mère. Et puis Margaret a disparu. Est-ce que Margaret est toujours vivante ?

De Patrick Modiano, je n’ai lu que “Dans le café de la jeunesse perdue”, dont je n’ai pas beaucoup de souvenirs si ce n’est des étudiants fumant des cigarettes se retrouvant dans un café hyper parisien et des déambulations dans les rues de Paris.

Je sais que Modiano a des thèmes récurrents, que Modiano écrit plus ou moins toujours le même livre et que c’est ce qui plaît aux fans de Modiano. Et je crois que je pourrais devenir une fan de Modiano parce que moi aussi j’aime particulièrement cette atmosphère parisienne d’antan (du temps où les numéros de téléphone ressemblait à TRO 32 49)

Ici on retourne dans la vie de Jean et de Margaret, dans ces quelques mois qu’ils ont passé ensemble, quelques mois ou quelques semaines. Une espèce de hors temps, un espace qui existe dans les souvenirs de Bosmans. Un univers qui appartient à sa mémoire.

Et chose étrange, on part de Paris pour aller en Suisse, à Annecy puis en Allemagne pour suivre Margaret Le Coz et la comprendre. Puis on revient à Paris, aujourd’hui, dans les nouveaux quartiers de l’Est parisien.

Et je crois que j’ai vraiment aimé tous ces voyages que Patrick Modiano m’a fait vivre en quelques pages : dans les rues de Paris, dans des riches maisons suisses ou parisiennes, entre le 16è arrondissement de Paris dans les années 60 et les nouveaux quartier que je connais moi aujourd’hui. Et puis le plus important, un voyage dans le temps, les souvenirs. Revivre des moments perdus qu’on a pourtant chéri à l’époque…

C’est difficile je trouve de mettre des mots sur un Modiano. En fait on aimerait ne jamais terminer. On aimerait encore déambuler dans les cafés rue Poussin (où habitait ma grand-mère), au Parc Montsouris (où je me suis promenée hier) ou encore dans la rue de l’Aude (dont je ne connaissais pas l’existence !)…

Avec “L’horizon”, on est vraiment dans une espèce de flou de bien être… Cette sensation de toujours vouloir atteinre l’horizon même si on sait qu’on n’y arrivera jamais…

Published in: on 20/03/2010 at 6:49 AM  Comments (9)  

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9 CommentsLeave a comment

  1. J’ai noté celui-ci malgré mon a priori négatif sur Modiano, ta critique m’encourage car si j’ai besoin de quelque chose en ce moment c’est bien de bien être et de voyage.

    • pourquoi as-tu un a priori négatif sur modiano ?

  2. Il fait partie de mes traumatismes de lycée, oui je sais c’est un peu (et même très) bête mais depuis je n’ai pas essayé de m’y remettre. Je vais y remédier.

    • Tu as dû lire du Modiano pour le lycée ? c’est étrange… enfin pas habituel quoi ! mais dans ce cas, je comprends🙂

  3. J’ai eu pendant une partie de l’année de seconde une prof stagiaire vraiment différente qui nous faisait lire autre chose que du Primo Lévi et du Molière… Elle avait même fait venir des auteurs en classe, René Frégny notamment qui écrit sur le milieu carcéral (si tu ne connais pas je te conseille Où se perdent les hommes).

    Tu me conseillerais quel livre de Modiano ?

  4. “De Patrick Modiano, je n’ai lu que “Dans le café de la jeunesse perdue”, dont je n’ai pas beaucoup de souvenirs si ce n’est des étudiants fumant des cigarettes se retrouvant dans un café hyper parisien et des déambulations dans les rues de Paris.”

    Le résumé parfait d’un Modiano. “on ne sait pas trop ce qu’on a lu, c’était flou, dans le vague. Des gens pas bien identifiés font des trucshttps://laouleslivressontchezeux.wordpress.com/2010/03/20/lhorizon-patrick-modiano/#comments vaguement louches…”

    Et oui, Modiano écrit à peu près toujours le même roman, étant incapable de faire quoi que ce soit d’autre. Si on les lit dans l’ordre – ce que je recommande vivement – on voit toutefois une évolution (vitesse dérive des continents). Par exemple ce passage des personnages de la rive droite à la rive gauche, d’abord par le simple fait de longer un quai dans Quartier Perdu, puis jusqu’à progressivement avancer dans les profondeurs de St-Germain puis du 14ème…

    En prolongement: La chasse à Courre, de Maurice Sachs.

    Reger

    • Ca me fait plaisir qu’on se retrouve au moins d’accord sur un auteur😉 En tout cas, j’en lirai sûrement d’autres des Modiano, j’ai vraiment bcp aimé son dernier cru !

  5. Modiano est très étudié par les lycéens : “voyage de noces” et “la place de l’étoile” font partie des classiques du bac.
    Perso j’ai trouvé “dans le café de la jeunesse perdue” un ton en dessous des ordres.
    Si j’avais un Modiano à conseiller, ce serait “Dora Bruder”.

    • Eh bien j’aurai bien aimé lire Modiano pour le bac ! Quoique, j’ai lu Zweig à l’époque et je ne m’en plains pas😉


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