Clarissa, Stefan Zweig

Après “Dans la neige”, une “mini-nouvelle” (comme l’a justement nommé Tamara), je me suis sentie obligée de lire un “vrai” Zweig.

J’ai donc entamé Clarissa, toujours aussi enchantée par la plume enchanteresse (euh je me répète là non ?? ;-)) de notre autrichien préféré.

Et j’ai suivi la vie de Clarissa, jeune fille dont le père militaire est très timide et obnubilé par les statistiques. J’ai suivi Clarissa et son frère lorsque leur père a été obligé de démissionner. J’ai vu Clarissa évoluer à l’internat, se lier d’amitié avec une autre jeune fille. Tout ça en me demandant sans cesse ce qu’il en était. Où on allait. Qu’allait devenir Clarissa ?

Jusqu’à ce que Clarissa parte en Suisse pour assister à un congrès et rencontre un français dont elle va tomber folle amoureuse. Ensemble ils vont vivre une belle histoire d’amour, jusqu’à ce que la guerre de 1914 les sépare. Et l’impossible arrive : Clarissa est enceinte mais ne peut l’avouer car elle n’est pas mariée et de plus, le père, français, est l’ennemi.

Verdict ? La moitié du roman sert de plantage de décor. En temps normal ça aurait tendance à m’ennuyer mais comme Stefan a le don de nous faire rêver avec sa simple plume, j’ai pris un réel plaisir à lire toute cette partie. Et après, je me suis complètement prise au jeu, et je lisais presque comme quand je lis un polar où l’on est sur le point de deviner qui est l’assassin.

Au final, je dirai que, comme cette courte nouvelle “Dans la neige”, “Clarissa” tranche avec les autres Zweig sur le thème. Il s’agit clairement d’une dénonciation de la société autrichienne dans les années 1910. Et c’est très intéressant. Et puis, au risque de me répéter, c’est si bien écrit !

Petit bémol : la fin est très abrupte. D’après la préface, “Clarissa” est un roman ébauché en première version, interrompu pour travailler sur Montaigne. L’éditeur allemand a, apparemment, remanié pas mal de choses…

Au final, ce n’est pas le genre de Zweig qui me plaît. J’ai une nette tendance à préférer ses romans où la psychologie est bien présente. Et d’ailleurs, je pense que chacun aime Zweig pour une de ses (innombrables!) qualités…

Et vous, vous préférez quoi chez Zweig ?

Lu dans le cadre du challenge Ich liebe Zweig

Published in: on 13/08/2010 at 7:44 AM  Comments (6)  

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6 CommentsLeave a comment

  1. Oui, c’est bien écrit, Zweig. Mais on a la sensation que ce ne sont que de toutes petites choses un peu transparentes, creuses. On ne passe pas un mauvais moment, mais, comment dire, ça ne nourrit pas son homme.

    Et on a également une vague notion d’artificialité, d’art pour l’art…

    Reger

  2. Je ne l’ai pas lu, celui-là… mais il est dans la pile!

    • comme toute l’oeuvre de Zweig, non ?🙂

  3. […] – Clarissa […]

  4. Si les informations que j’ai trouvées sont justes, Zweig est effectivement mort avant que d’avoir pu écrire la fin. J’avais moi aussi été un peu contrariée par cette fin, d’autant que dans mon édition, rien n’expliquait ce côté abrupt!

    • Quand on sait qu’il n’a pas pu le terminer, on lui pardonne, non ?😉


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