L’homme qui souriait, Henning Mankell

Comme je vous le disais dans le billet précédent, la sortie du deuxième opus de l’intégrale de la série Wallender me permet de recommencer, avec plaisir, mon espèce de marathon-Wallender.

Je ne m’en souvenais pas vraiment mais nous avions laissé notre très cher Kurt au plus mal. Dans son enquête précédente, il a tué un homme. En légitime défense, certes, mais cela l’a tellement perturbé qu’il s’est mis en arrêt de travail, pendant plus d’un an et qu’il a passé ce temps là à boire et à errer sur une plage au Danemark.

C’est dans ces moments d’errements qu’un avocat et ami vient lui demander son aide : son père est mort d’un accident de voiture quelques jours plus tôt mais lui ne pense pas que ça soit un accident. Kurt ayant décidé de donner sa démission, il refuse de l’aider. Mais quelques jours après, une fois rentré à Ystad, il lit dans les journaux que son ami a également été retrouvé mort dans son bureau et cette fois, il est clair qu’il ne s’agit pas d’un accident.

Kurt reprend alors sa place au commissariat et c’est avec un grand plaisir que nous plongeons avec lui dans cette enquête.

Il n’y a rien à dire, ou presque. Encore une fois, Henning Mankell nous a écrit un polar tout simplement parfait. Ou presque. Forcément, c’est difficile d’être “parfait”😉

Pour être honnête, j’ai simplement trouvé que la chute est trop rapide. Et encore, je dis “chute” mais il n’y a pas vraiment de chute. Kurt soupçonne un riche industriel très respecté en Suède. Grâce au prologue (habile construction!), nous savons qu’il a probablement raison. Mais il y a beaucoup de détails sur les affaires de cet homme qui sont complètement passés à l’as. Alors certes, trop de détails financiers, économiques et industriels auraient pu être ennuyeux.

Mais ici il n’y a tout simplement rien du tout. Et j’ai trouvé ça bien dommage.

Ceci dit, il y a bien d’autres choses dans ce polar : la dénonciation des entreprises privés qui contrôlent beaucoup trop de choses de notre monde (en 1994!), la différence des générations ainsi que le statut homme/femme difficile à gérer dans la vie professionnelle (une jeune et nouvelle collègue est arrivé pendant l’absence de Wallender, elle est douée mais les hommes de la brigade ne l’encouragent pas tous…), et bien sûr les difficultés de communication familiale… (entre Kurt et son père et Kurt et sa fille, c’est toute une histoire!)

Mais au final, ce n’est qu’un détail. Le polar en lui même est excellent. Comme les trois précédents et très certainement comme les suivants !

traduit du suédois par Anna Gibson

Tout plein d’avis sur la blogosphère : chez polarnoir, entre23hetminuit, lecture-ecriture, leventsombre… et sûrement plein d’autres ! N’hésitez pas à mettre vos liens dans les commentaires (même s’il s’agit d’un autre Mankell/Wallender!)

Published in: on 02/06/2011 at 7:34 PM  Comments (13)  

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13 CommentsLeave a comment

  1. Que c’est plaisant de lire tes chroniques qui me rappellent le bon temps où je découvrais les romans de Mankell !!!

    Alors, merci pour ces souvenirs !!!

    Je mets un lien sur ma chronique du dernier Wallander, “L’homme inquiet”

    http://lecturederichard.over-blog.com/article-une-peine-d-amour-litteraire-un-homme-inquiet-65582235.html

    Bonne lecture !

    • Mais je t’en prie ! Je crois que je vais quand même garder ton lien pour un peu plus tard, il s’agit quand même de la fin de Wallender, je ne préfère pas trop anticiper ! Mais je le garde au chaud🙂

  2. J’adore Mankell

    • Eh bien moi aussi !

  3. Ce n’est pas le meilleur Wallender mais, comme tu le dis, ça fonctionne quand même. Bonne suite de marathon!

    • Merci ! je me régale, je l’avoue !

  4. Ah Wallander ! Quel flic et quels romans qui dépassent très largement le cadre du roman policier : une auscultation de la société suédoise et particulier et de la société en général.

    • En effet. Il y a en de plus en plus ceci dit aujourd’hui mais celui là reste quasiment intemporel, même s’il est ancré dans le temps en fait. C’est fort je trouve !

  5. Je dois être une des rares à n’avoir lu qu’un seul titre de cet auteur (et en plus, en plein milieu de sa série avec Kurt !). Cela m’avait assez plu mais bon, pas le coup de foudre non plus d’où le fait que je n’en ai pas encore lu d’autres !

    • En fait je crois que pour les apprécier à leur juste valeur il faut non seulement re-contextualiser mais aussi les lire dans l’ordre, malgré tout ce qu’on dit sur le fait de pouvoir les lire dans le désordre, on perd quand même beaucoup je trouve en fait !

  6. Je déteste tout simplement Wallander, mais on l’aura compris en lisant mes chroniques sur ses livres. Je ne sauve vraiment que le premier “Meurtriers sans visage” et dans une moindre mesure “La lionne blanche”.

    • J’ai lu quelques unes de tes chroniques (sur les titres que j’ai déjà lu) et je n’arrive pas bien à saisir si c’est vraiment Wallender et son état d’esprit que tu détestes, ou ce que dénonce Mankell, et surtout la façon dont il le fait ? Je crois comprendre que tu trouves toute la série, si on parle uniquement en terme de polar, plutôt efficace…
      Peut-être reviendrai-je lire toutes les chroniques une fois que j’aurai tout lu (encore faudra-t-il que le troisième volet des intégrales paraissent, ce qui me parait pas urgent étant donné que “l’homme inquiet” n’est pas encore sorti en poche (mais ça ne devrait pas tarder je crois…))

  7. […] Chez « Là où les livres sont chez eux«  […]


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