Une enquête philosophique, Philip Kerr

Le retour des vacances m’a permis de remettre les pieds sur terre, et surtout dans les transports en commun et donc, de lire ! Je reviens alors avec plaisir prendre possession de cet espace, doucement, mais sûrement.

Et j’ai envie de faire les choses différemment. Ca ne fonctionnera peut être pas, ça sera peut être stupide et sans intérêt, je ne le ferai peut être que pour ce livre ou alors je le ferai pour chaque livre qui mérite à mon avis un billet, on verra bien…

Mais de quoi parle-t-elle donc ??

Eh bien c’est simple : vous vous souvenez de l’enquête de InColdBlog sur les 4è de couverture ? Ca vous a plus n’est ce pas ? La preuve, nous sommes 225 à avoir répondu au questionnaire… J’ai donc eu envie de faire des billets uniquement sur la 4è de couverture. Un peu pour mettre en pratique ce questionnaire, essayer de l’illustrer d’exemples concrets.

Bien sûr, il s’agit de faire un billet sur le livre et cette critique de 4è de couverture ne peut être fait que parce que j’ai lu le livre en entier… Enfin on verra bien ce qu’il en est au fur et à mesure…

Voici donc l’enquête philosophique, menée par Philip Kerr.

“L’action d’Une enquête philosophique, écrit en 1992, est située en 2013. Demain, en quelque sorte. Le lecteur d’aujourd’hui va se délecter de l’intelligence, de l’humour carnassier et du sens du suspens de Philip Kerr. Il constatera aussi que le texte n’a pas pris une ride : l’auteur avait anticipé les dérives policières et sécuritaires, le racisme banalisé, les risques informatiques, et jusqu’à la grande sécheresse !

L’inspecteur principal “Jake” Jacowicz mène l’enquête. Une dure à cuire drôlement futée, dont la particularité est de détester les hommes. Son adversaire est à la hauteur : un serial killer qui figure sur une liste ultra secrète de criminels sexuels potentiels, tous affublés – sécurité oblige ! – d’un nom de philosophe. Le méchant, baptisé Wittgenstein, ayant infiltré l’ordinateur central du ministère de l’Intérieur, entreprend d’éliminer ses compères un à un. Le duel hautement philosophique et pervers qui se livre ici oscille entre le cynisme et une extrême drôlerie. Un régal”.

En recopiant cette 4è de couv, je me rends compte que mon idée n’est peut être pas si bonne pour vous lecteurs de mon blog. Après tout, même si l’enquête de ICB prouve tout le contraire, beaucoup d’entre nous n’aimons pas lire les 4è de couv… Je vais continuer sur ma lancée, à vous de me dire ce que vous en pensez !

Pour entrer dans le vif du sujet donc :

La première chose que j’ai à dire est que je trouve cette 4è de couv très bien faite. Elle n’en dit pas trop, je la trouve plutôt bien écrite et elle donne un véritable aperçu de ce roman.

Pour entrer dans les détails donc :

– J’ai appris que ce livre avait été écrit en 1992 vers la fin de ma lecture, quand j’ai décidé de lire cette 4è de couv (vers les 3/4 du livre) et j’ai été étonnée… Je pensais que Philip Kerr venait d’écrire ce livre et l’avait volontairement situé dans un futur très proche, justement parce que son futur est effectivement assez proche de notre présent ! C’est presque à faire froid dans le dos…

– L’inspecteur principal est effectivement une femme qui déteste les hommes. Pourquoi l’affubler alors d’un prénom qui est, pour moi en tout cas, typiquement masculin ?????? Elle est “dure à cuire et drôlement futée”… pour moi, elle incarne le personnage typique du flic principal dans n’importe quelle bonne enquête : un peu atypique, toujours très futée évidemment, voulant souvent faire les choses en marge de la loi… Un personnage très bien construit mais, quand on y réfléchit, pas si exceptionnel que ça. Ce qui n’entache en rien notre plaisir de lecture !

– La 4è de couv ne donne aucun indice quant au “méchant” (c’est intriguant je trouve de trouver ce terme enfantin sur la 4è de couv d’un roman qui parle “d’un duel hautement philosophique”), ce qui n’est pas plus mal. Tout le plaisir est dans la découverte de l’esprit de cet homme. Car nous avons le droit de lire un carnet dans lequel il relate ses pensées, effectivement assez philosophiques, ce qui lui donne tout son charme. Parce que le “méchant” donc, est évidemment quelqu’un par qui on se laisse charmer grâce à un esprit brillant, malgré le fait qu’il soit un assassin !

– La dernière phrase de cette 4è de couv est extrêmement bien choisie dans la mesure où elle ne peut que donner envie. Cette lecture nous fait à la fois réfléchir, puisqu’il s’agit bel et bien d’une enquête philosophique (mais heureusement pas besoin de connaître Nietzsche et Wittgenstein pour apprécier la lecture!), et nous fait à la fois rire. Ce n’est pas totalement faux mais je vous avoue que pas une seule fois je n’ai ri, et j’ai lu des polars bien plus drôles que celui là. Mais c’est vrai qu’il y a une certaine légèreté dans l’air.

Et je suis tout à fait d’accord avec le fait que ce soit “Un régal” !

J’ai beau avoir dit que cette 4è de couv était réussie, j’ai pour ma part envie d’ajouter certaines choses.

Comme par exemple la comparaison entre la philosophie et les enquêtes policières. Un passage dont je me suis délectée. Et une comparaison que j’ai retrouvé par un pur hasard sur la 4è de couverture des “romans policiers” de Japrisot en Quarto : “Vous connaissez la phrase de Chesterton ? Elle est un peu exagérée mais révèle quelque chose de vrai comme toutes les choses exagérées : “L’essence du roman policier consiste en la présence de phénomènes visibles dont l’explication est cachée.” Et c’est là, si l’on y réfléchit, l’essence de toutes les philosophies.”

Et j’ajouterai également que le début du roman n’est pas simple. Philip Kerr nous emmène dans des lieux et endroits de la psychologie, du futur donc !, pas toujours facile à suivre pour qui n’a pas le vocabulaire nécessaire… Je préviens pour ma part ceux qui pourrait se laisser décourager : une fois le lieu, la date, les évènements et l’environnement posés par Philip Kerr, cette enquête philosophique se lit non pas comme un traité de philosophie indigeste qui donne des migraines, mais bel et bien comme un roman passionnant et intelligent !

D’autres avis : unpolar, Bruno, carnetsnoirs

traduit de l’anglais par Claude Demanuelli.

 

Published in: on 09/07/2011 at 8:54 PM  Comments (9)  

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9 CommentsLeave a comment

  1. Je ne sais pas ce qu’il faut penser de cette nouvelle méthode, mais cela me donne des idées pour mes cours!

    • eh bien ça aura au moins servi à ça ! Je suis moi aussi à moitié convaincue mais j’avais envie d’essayer !

  2. Petit problème, c’est le droit !

    http://les-routes-de-l-imaginaire.blogspirit.com/archive/2011/04/18/droits-d-auteur-et-blogs.html#comments

    Cathe nous rappelait celui-ci

    Sinon, l’idée me semble sympa, et tu fais ce que tu veux de ton blog ! je passerai toujours y chercher des idées

    Car quand je passe à la librairie… tu n’es pas là😦

    • Oui je me souviens de cet article de cathe… C’est vrai que je n’ai pas précisé l’édition (je me corrige ici donc : aux éditions du Masque !), mais à part ça, je ne pense pas que ce soit vraiment catastrophique de recopier une 4è de couv quand on donne le titre, l’auteur et le traducteur (et l’édition donc), et que c’est bien entre guillemet, et dit que c’est la 4è de couv…
      Enfin tu vois ce que je veux dire !😉 D’ailleurs, beaucoup de blogueurs recopie les 4è de couv en le précisant !
      Quant à la librairie, je ne sais pas quand tu es passé mais j’étais en vacances ! Et puis bientôt je n’y serai pas pendant un bout de temps, mais je vais y revenir, évidemment🙂

  3. Je l’ai enfin sorti de ma PAL !!!!

  4. hello! quelle approche originale tu fais de ce roman! En plus tenter l’expérience avec ce roman là n’était pas chose aisée tant celui ci sort des sentiers battus! Et tu t’en sors admirablement bien! Voilà en tout cas un roman qui ne laisse pas indifférent. Jusqu’ici je n’ai pas vu d’avis négatif sur ce livre dans lequel on ne rentre pas si facilement que çà. Pour ma part c’est le premier que je lis de Philip Kerr ! eh oui je n’ai pas encore succombé au tapage fait autour de sa trilogie berlinoise! Mais je n’ai pas non plus l’intention de jouer le dernier petit village gaulois qui résiste ! Merci pour le lien !! Amitiés

    • Eh bien merci pour ce compliment, j’avoue ne pas être très convaincue de cette méthode… Tant mieux si ça te plaît donc ! Quant à la trilogie berlinoise, ça n’a effectivement rien à voir mais ce n’est pas plus mal, c’est bien quand les auteurs évoluent et changent de style je trouve🙂

  5. L’idée est originale mais je me demande si cela me permettra d’y trouver mon compte … je préfère en général les petits résumés rédigés par les blogueurs eux-même car cela donne une autre vision de l’histoire !

    • j’ai abandonné cette idée, comme tu as pu le constater🙂


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