Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? Pierre Bayard

Ca faisait un bout de temps que j’avais envie de lire cet essai, curieuse de voir les “recettes” que Pierre Bayard (que je n’avais jamais lu jusqu’à présent), pouvait bien nous concocter… J’avais déjà entendu dire que ce livre n’était pas ce à quoi on s’attendait… Eh bien je ne peux que confirmer ces dires !

Premièrement, l’auteur ne nous dit absolument pas comment parler des livres que l’on n’a pas lus. Il commence par nous expliquer qu’on ne lit jamais vraiment un livre, même quand on le lit du début à la fin et de manière linéaire. A ce niveau, je suis plutôt d’accord avec lui : entre les livres lus et oubliés, les passages plus marquants que d’autres et puis les livres dont on a sauté quelques passages, (ce qui est le cas pour moi ici) on ne peut pas vraiment affirmé avoir lu un livre en entier (je pense tout de suite à des exceptions, comme certaines relectrices qui peuvent se vanter d’avoir vraiment lu un livre quand ça fait 43 fois qu’elles le relisent ;-))

Dans une deuxième partie, Pierre Bayard nous indique les différentes situations dans lesquelles nous pourrions nous retrouver à parler d’un livre que nous n’avons pas lu. Ces exemples, pris dans des livres qu’il a peut-être lu ou pas, ne sont pas inintéressants. En tout cas ils illustrent à mon goût très bien le fait que c’est surtout la société qui nous empêche d’admettre que nous n’avons pas lu tel ou tel livre. Je préciserai juste qu’il a oublié un métier dans lequel il arrive souvent de parler des livres que l’on n’a pas lus : libraire. Même si on précise que nous n’avons pas lu le livre, il est impossible de passer une journée sans parler d’un livre que nous n’avons pas lu !

La troisième et dernière partie constitue la vraie “recette” c’est à dire, selon l’auteur, “La conduite à tenir”. En gros il s’agit de s’affirmer, de dire que l’on n’a pas lu le livre sans en avoir honte et d’en parler quand même, en s’appropriant ce que l’on sait du livre, de l’auteur, de la place du livre et/ou de l’auteur dans la société, de ne pas hésiter à inventer et de “parler de soi”. C’est cette dernière partie que je n’ai pas lu donc j’avoue ne pas avoir compris où P.Bayard voulait en venir là-dessus.

Toujours est-il que cet essai m’a relativement déçue. Les titres de Pierre Bayard m’ont toujours attirée mais cette première expérience ne m’incite pas à me pencher sur ses autres essais…

Je trouve que c’est très bavard, un peu pompeux aussi, très centré sur le monde universitaire et, globalement, je ne suis pas vraiment d’accord avec lui.

Maintenant que j’ai lu le livre et que j’en suis à la conclusion de mon billet, je lis la 4è de couverture qui résume très bien en seulement 7 lignes ce que P.Bayard démontre en 150 pages de plus en plus ennuyeuses :

“L’étude des différentes manières de ne pas lire un livre, des situations délicates où l’on se retrouve quand il faut en parler et des moyens à mettre en œuvre pour se sortir d’affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d’avoir un échange passionnant à propos d’un livre que l’on n’a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu’un qui ne l’a pas lu non plus.”

Différents avis (qui rejoignent plus ou moins le mien) : cultureetconfiture, livres-et-lectures, Bouquinbourg, hanniballecteur

Published in: on 05/10/2011 at 7:25 AM  Comments (11)  

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11 CommentsLeave a comment

  1. A sa sortie, j’en avais beaucoup entendu parler… et puis ça c’est vite dissipé. Quand je lis ton article je comprends pourquoi.
    Si un jour je tombe dessus, je le feuilleterais peut être mais je ne vais pas le vouloir à tout prix !

    • J’ai remarqué aussi qu’on en parle de moins en moins… et que les avis lus ici et là sont très mitigés…

  2. Je n’en reviens pas, qu’il n’ait pas parlé des libraires !
    Quant à parler des livres qu’on n’a pas lus, lorsqu’on lit régulièrement les blogs de lecture, on en est tout à fait capable : j’en ai donné la preuve régulièrement à mes copines de club de lecture🙂.

    • Oui c’est un reproche qu’on peut lui faire : il reste vraiment dans son milieu universitaire et éditorial… J’ai lu d’autres billets (notamment dans ceux que je linke) qui lui reprochent plus ou moins la même chose !

  3. Et pour moi, ce sera “comment éviter de lire un tel livre” ! mdr ! Autant dire que je ne vais pas user mon stylo pour noter ce titre😉

  4. Qui, moi, lire 43 fois un même roman? Hmmmm… je ne vois pas de quoi tu veux parler ;)) Bon, tu parles d’un ton pompeux alors je passe… not for me!

    • je me suis peut-être trompée, c’était peut-être 53 fois😉

  5. Je l’ai lu au début de l’année, c’est vrai que je n’ai jamais pris le temps d’écrire un billet dessus, et que maintenant, mes souvenirs s’estompent… mais j’avais beaucoup aimé, personnellement. Peut-être parce que je suis parfois un peu nostalgique de ce milieu universitaire, de ce ton didactique…
    Et tu vois, j’avais déjà oublié qu’il ne parlait pas des libraires ! C’est effectivement dommage… (est-ce qu’il parle des bibliothécaires ?) (je ne me souviens plus non plus) (zut, il faudra que je relise ce livre que je n’ai pas vraiment lu😉 )

    • Non il ne parle pas des bibliothécaires non plus !!! (ça ne vaut peut être pas coup de relire ce livre oublié ! (il appelle ça LO, ça te rappelle quelque chose ?))

  6. Moi, qui n’ai pas lu ce livre je vais pouvoir t’en parler, ou plutôt t’inciter à aller en lire d’autres du même auteur, notamment ceux qu’il a écrit sur les polars : Qui a tué Roger Ackroyd ? par exemple. C’est parfait, certes un peu relevé à la sauce “universitaire” dis-tu, je dirais érudite et exigeante, mais vraiment passionnant sur les aspects littéraires, sur la lecture, sur les auteurs, les personnages, les histoires. C’est un décortiqueur, certains dirait un enc… de mouches, c’est vrai. Mais c’est assez jubilatoire. Pas d’enc… les mouches mais de le lire, bien sûr. Ce livre là, tu en parles si bien que je continuerai à le conseiller, mais surtout en m’abstenant toujours de le lire, sinon je risquerai, comme toi, d’en dire du mal, ou de ne plus l’apprécier. En fait le titre en superbe, il se suffit à lui même, qu’importe son contenu. Et il n’y a pas beaucoup de livre qui ont cette qualité. Peut-être la série des Poulpes !!!
    (beau blog, soit dit en passant !)

    • merci pour le compliment ! Avant de lire “qui a tué Roger Ackroyd” je pense qu’il faudrait que je lise “le meurtre de Roger Ackroyd” !😉 (Je suis assez d’accord avec toi sur le titre du livre sinon!)


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