La chambre aux échos, Richard Powers

Je disais dans un billet il y a quelques semaines que je m’intéressais beaucoup au cerveau. Je lis de temps à autre un magazine qui s’intitule “cerveau & psycho”. Je ne comprends pas toujours tout mais j’apprends pas mal de choses. Et je me dis que si j’avais du temps et de l’argent, je me pencherai bien plus sur la question, quitte à reprendre des études, à vie peut-être puisque ce que j’ai surtout appris c’est que du cerveau, nous ne connaissons pas grand chose.

J’ai toujours entendu du bien des romans de Richard Powers, sans pour autant passer le cap car ça me paraissait trop touffu, trop fastidieux… Mais quand j’ai lu chez Ys que “La chambre aux échos” avait pour sujet principal le cerveau, je ne me suis plus posée de questions.

Et j’ai bien fait.

Mark a un grave accident de voiture et miraculeusement, s’en tire. Mais son cerveau est endommagé. Il ne reconnait plus sa soeur Karine. Il reconnait qu’elle lui ressemble fortement mais ne veut pas croire que c’est sa soeur. Il se croit également victime d’un complot. Karine fait alors appel à un éminent neurologue, le Dr Weber, qui écrit beaucoup d’ouvrages de vulgarisation pour le grand public.

Je fais un résumé très rapide et très simplifié de ce roman de 700 pages qui, outre la neurologie et la psychologie, aborde bien d’autres thèmes : l’écologie, la recherche de soi, les liens familiaux…

Pour faire simple, j’ai beaucoup aimé ce roman. Principalement parce que j’ai pu y lire divers cas de pathologies dû à des lésions cérébrales (passages qui entraînent une flopée de vocabulaire scientifique mais peu importe…), mais aussi parce qu’il y a un certain suspens tout au long du roman. Mark veut savoir qui a voulu le tuer, qui est l’auteur du mystérieux billet. Et moi, je n’attendais qu’une chose : comprendre ce qui s’était réellement passé. Et j’ai croisé les doigts aussi pour que Mark se rende compte que Karine était vraiment sa sœur.

J’ai aimé également le revirement de situation que cela engendre pour Karine. Son propre frère ne la reconnaît plus et en effet, elle n’est plus la même. C’est simple, dis comme ça, mais le cheminement pour qu’elle en vienne à cette conclusion, dans sa tête, dans sa vie privée et dans sa vie professionnelle m’a semblé intéressant.

Et j’ai aimé la relation du Dr Weber avec sa femme, ainsi que les questions existentielles qu’il finit par se poser, à la suite de cette expérience mais aussi, et surtout, à la suite des critiques de son dernier livre.

Les questions et relations entre neurologie et psychologie sont infimes, et très présentes tout au long du roman. Cela a d’autant plus attiré mon attention.

C’est le genre de roman qui m’a donné envie de lire plein d’autres choses : les livres du Dr Weber, déjà😉, mais aussi des manuels de neurologie, de psychologie. “Fictions” de Borgès (peut-être à venir bientôt sur ce blog donc ;-)), “L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau” (dont j’entends parler depuis des années…)

En fait c’est un roman bien construit, avec une bonne intrigue, des personnages intéressants, des échappées écologiques grâce aux grues migratoires (passages dont j’aurai pu me passer mais qui, au final, nous font un peu souffler dans tout ce jargon scientifique), et un sujet principal passionnant.

Que pouvais-je demander de plus ? (Honnêtement, peut-être quelques pages de moins, histoire d’avoir l’impression de ne pas être submergée par différents cas, par différents états d’âmes, par différents questionnements…. Ce livre est génial, mais il y a trop de choses pour pouvoir tout ingurgiter).

Je conseille “La chambre aux échos” à tout le monde, même ceux qui, a priori, ne s’intéressent pas spécialement au cerveau et à ses méandres. Pour tout ce que j’ai dit plus haut : la construction, le suspens, l’amour, l’écologie, la psychologie… En bref : lisez-le !

Traduit par Jean-Yves Pellegrin

Les avis de Yspaddaden, Sophie, Morgouille, BlueGrey, Papillon, Amanda, Cuné

Published in: on 08/10/2011 at 9:30 PM  Comments (13)  

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13 CommentsLeave a comment

  1. Eh bien, ça n’a pas trainé ! A lire ton billet, je me rends compte que j’ai oublié de dire dans le mien que j’ai apprécié qu’on soit aussi du côté de Karine, i.e. des victimes indirectes, pas ceux qui sont atteints mais ceux qui vivent avec ces gens si perturbés sans s’en rendre compte. ce roman est vraiment très riche, je suis contente qu’il t’ait plu aussi.

    • c’est l’avantage d’être en congé (j’ai le temps de lire!!) et d’avoir un mari libraire (vu que je ne bosse pas, c’est beaucoup plus facile pour se procurer un livre sur un coup de tête ;-)). Et tu as raison de souligner les victimes indirectes, j’en parle très indirectement en fait🙂

  2. Comme je le disais chez Yspaddaden, ma seule tentative avec Powers m’a complètement refroidi. C’était p-ê un mauvais moment? Je note celui-ci, dans ma liste “persévère!”, au côté de Virginia Woolf…😉

    • tu avais essayé avec quel titre ? (Virigina Woolf fait aussi partie de ma liste “persévère!!”)😉

  3. Mais c’est vrai que ça a l’air diablement captivant ! Je le retiens pour une future virée en bibliothèque, je crois que ça peut me plaire ! Et ça me permettra de retrouver R. Powers, dont “Le temps où nous chantions” m’avait filé des frissons incontrôlables…

    • Si tu ne l’as pas emprunté d’ici à ce qu’on se voit un jour, rappelle moi que ça t’intéresse, je te le prêterai !!! (et du coup je note “le temps où nous chantions”, un jour…!)

  4. Dans le même genre (c’est-à-dire une histoire sur le cerveau à nouveau), je suis en train de lire Générosité de ce même auteur et pour l’instant, je ne sais pas trop quoi en penser … je n’accroche que très moyennement au style et à la façon d’aborder l’histoire, racontée par un observateur extérieur ! Mais j’espère que cela va se préciser et que je vais tomber sous le charme !

    • Ah tiens, je n’avais pas entendu parler de ce titre là de cet auteur… je vais guetter ton billet !

  5. Intéressant, je n’ai encore jamais lu cet auteur🙂

  6. j’ai ce bouquin dans ma PAL depuis sa sortie. J’aime beaucoup Powers en général (à part sûrement Trois fermiers s’en vont au bal) mais c’est un auteur qui demande qu’on le lise dans des conditions strictes de concentration et surtout pas “en pointillés”. C’est pour cela que je ne me suis toujours pas attelé à celui-ci, ni à son dernier. Et tes remarques me disent que j’ai certainement raison d’attendre le moment adéquat où je serai pleinement disponible pour les attaquer.

    • Oui tu as raison, c’est un livre qui demande de la concentration… Tu fais bien d’attendre !

  7. […] recueil de nouvelles donc. J’ai entendu parler de cette nouvelle lorsque j’ai lu “La chambre aux échos” de Richard Powers, que j’avais beaucoup apprécié pour son thème principal (le […]


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