Le livre de sable, Jorge luis Borges

“Le livre de sable” est un recueil de treize nouvelles qui relèvent principalement du conte fantastique, mais pas que. En effet, on le comprend assez vite chez Borges, une nouvelle de 10 pages contient beaucoup beaucoup beaucoup de choses. Une langue belle et simple, des références à de multiples écrivains, des voyages dans le temps et dans l’espace, du fantastique donc, de l’amour un peu, de la philosophie et des questions métaphysiques… Je crois que la liste ne saurait être exhaustive !

Si en tentant de lire “Fictions” j’ai pris peur, je dois dire que “Le livre de sable” est non seulement facile d’accès, mais tout simplement génial. Et encore une fois, je ne pense pas à en avoir mesuré toute la portée.

Alors certes, il y a des nouvelles que j’ai plus apprécié que d’autres, pour des raisons diverses et variées, mais dans l’absolu, le recueil entier est à lire, et à relire !

Je ne vous parlerai pas des treize nouvelles, ça risque d’être barbant, mais seulement de celles qui m’ont vraiment interpellées.

La première “L’autre”, raconte la rencontre de Borges avec son double. Un sujet fantastique classique, si je puis me permettre cette association de mots, mais raconté d’une manière simple et originale, et qui se termine sur une note qui ressemble, pour moi, à un point d’interrogation qui risque de se répéter lors d’une deuxième relecture, et peut-être même d’une troisième et d’une quatrième…

La troisième “Le Congrès”, est d’après la 4è de couverture, celle que Borges lui même garderait s’il ne devait en garder qu’une. Le concept même de ce Congrès est tout simplement génial, et la mise en œuvre de la nouvelle m’a donné le sentiment de monter un escalier vers une espèce de Vérité qui devenait de plus en plus claire et réaliste à chaque marche… Pourtant, toujours d’après la 4è de couverture, c’est la nouvelle la plus fantastique de ce recueil !

La neuvième, “Utopie d’une homme qui est fatigué”,  se passe dans un futur bien lointain et pointe le doigt sur tant de choses qui ne vont pas dans notre civilisation aujourd’hui… Et si je me suis arrêté tout au long du recueil sur de nombreuses phrases dignes d’intérêt, je n’en ai noté aucune (le jour où je relirai ces nouvelles, je prendrai soin de les noter!) mais là, je ne peux résister à aller chercher ces quelques lignes :

“Personne ne peut lire deux milles livres. Depuis quatre siècles que je vis je n’ai pas dû en lire plus d’une demi-douzaine. D’ailleurs ce qui importe ce n’est pas de lire mais de relire. L’imprimerie, maintenant abolie, a été l’un des pires fléaux de l’humanité, car elle a tendu à multiplier jusqu’au vertige des textes inutiles.”

Enfin, la dernière, qui donne le nom au recueil, rappelle “La bibliothèque de Babel”, nouvelle que l’on trouve dans “Fictions” et qui interroge à la fois sur l’infini, sur les livres, sur la monomanie aussi (c’est survolé mais j’imagine très bien Zweig écrivant une nouvelle avec un livre aux nombres de pages infinis… qui rendrait totalement fou son possesseur qui passerait son temps à essayer de comprendre sa logique, et de tout recenser…)

En bref, je crois que je comprends pourquoi Borges est considéré comme un des écrivains les plus importants du XXè siècle, et pourquoi aussi, on peut le relire à l’infini…

traduit de l’espagnol par Françoise Rosset

Lu dans le cadre du challenge nécrophile de Fashion

Published in: on 20/11/2011 at 9:09 PM  Comments (4)  

The URI to TrackBack this entry is: https://laouleslivressontchezeux.wordpress.com/2011/11/20/le-livre-de-sable-jorge-luis-borges/trackback/

RSS feed for comments on this post.

4 CommentsLeave a comment

  1. Grand absent de ma culture littéraire… (Et ce n’est pas le seul!). Tes deux billets sont très tentants. Si j’avais moi aussi un double, je lui demanderais de mettre Borges sur le dessus de sa PAL…

    • Tu peux déjà commencer par demander à ton toi intérieur de penser à faire une place pour Borges😉

  2. Bonjour,
    Je voudrais savoir quels sont les points communs entre la dernière nouvelle (Le livre de sable) et la première (L’autre)

    Merci d’avance !🙂

  3. […] : Jorge Luis Borge   Si l’espace est infini, nous sommes dans n’importe quel point de l’espace. […]


Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: