Journal d’Anne Frank

Ceux qui me lisent depuis mon premier blog se souviendront peut-être que je parlais déjà du journal d’Anne Frank dans mes tout premiers billets.

Ce livre (témoignage ? récit ? comment peut-on définir le journal d’Anne Frank ??) a littéralement changé ma vie lorsque je l’ai lu pour la première fois. C’est d’ailleurs le seul livre que j’ai relu au cours de mon adolescence, y trouvant à chaque fois un nouveau niveau de lecture puisque je grandissais, presque en même temps qu’elle…

Pourquoi avoir relu ce journal aujourd’hui ?, me demanderez-vous. Simplement parce que le protagoniste du dernier roman que j’ai lu ne le quitte jamais car c’est tout ce qui lui reste de sa mère. Il ne parle jamais du livre, c’est juste un objet qui l’accompagne. Cette référence dans un roman contemporain japonais m’a fait sourire, m’a fait plaisir et m’a donné envie de me sentir à nouveau proche d’Anne, qui fut peut-être sans que je m’en rende compte une grande amie pendant mes années d’adolescente.

D’ailleurs, j’ai eu chaud au cœur quand j’ai lu au début du journal qu’elle n’avait pas “d’amie avec un grand A”…

Et sans transition, je me dis que même à 29 ans, à ma quatrième relecture, et après plus de 10 ans sans l’avoir ouvert, ce témoignage me chamboule, me bouleverse, m’émeut…

Cette fois j’y ai vu tous les niveaux de lecture en une seule fois : le témoignage des gens quotidiens, des juifs cachés pendant la guerre ; le journal intime du jeune fille qui entre dans l’âge adulte et qui se pose beaucoup de questions ; l’ambition de cette jeune femme qui aime écrire, qui veut écrire, qui veut devenir quelqu’un ; l’apparition du sentiment amoureux…

Tout est intéressant dans ce témoignage et j’ai été plus d’une fois étonnée de la maturité de Anne Frank, de sa capacité à analyser les faits et gestes de ceux qui l’entourent mais surtout des siens et donc de se remettre en question et d’essayer de se comprendre !

Je vous l’ai déjà dit, c’est la quatrième fois que je lis ce livre dans ma vie et pourtant, c’est la première fois que je lis la postface. Et je crois que j’ai été déçue… Non pas déçue mais je suis un peu descendu de mon nuage quand je me suis rappelé que l’édition que nous lisons n’est pas si transparente, Anne Frank elle-même ayant repris son journal lorsqu’elle a entendu à la radio que les témoignages des gens “ordinaires” seraient rassemblés après la guerre. Je n’étais pas au courant non plus de toutes les problématiques éditoriales, et des batailles pour justement prouver l’authenticité du journal présenté. Je ne savais même pas que les contes écrits par Anne Frank étaient disponibles au livre de poche !!

En lisant cette postface, je me suis presque sentie comme une traître vis à vis d’Anne. Et puis j’ai relativisé : je crois que, à 29 ans, alors que je suis maman d’une fille de 16 mois et que je me demande déjà comment sera notre relation quand elle aura 16 ans, j’ai encore lu Anne Frank avec l’âme de cette adolescente de 13 ans, rêveuse, ambitieuse, qui avait envie d’écriture, de poésie et de garçons.

Cette quatrième relecture ne sera donc certainement pas la dernière. Même si la prochaine fois sera dans 12 ou 13 ans, quand ma fille aura envie de le découvrir aussi et alors, je me replongerai dedans avec joie !

p.240 “Oui, je ne veux pas, comme la plupart des gens, avoir vécu pour rien. Je veux être utile ou agréable aux gens qui vivent autour de moi et qui ne me connaissent pourtant pas, je veux continuer à vivre, même après ma mort !”

Published in: on 25/02/2013 at 4:52 PM  Comments (22)  

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22 CommentsLeave a comment

  1. Tu m’a donné l’envie de le lire, je ne l’ai jamais ouvert. Félicitations pour ton bébé!

    • Il faut le lire oui ! Et merci pour les félicitations, on en reçoit plus beaucoup à cet âge là !😉

      • A cet âge là?! Tu es encore jeune! J’aime ton blog

  2. c’est un texte qui ne vieillit pas, tu m’as donné envie de le relire.

    • on est d’accord, ça ne vieillit pas, et tout le monde devrait le lire !

  3. Je ne l’ai lu qu’une fois au début de ma vingtaine et j’avais aimé mais comme toi, en lisant la postface, j’avais été un peu déçue.
    Cela reste un témoignage poignant de cette terrible période.
    un incontournable que je relirai bien un jour (moi celle qui n’aime pas relire…)

    • tant mieux si toi qui n’aime pas relire tu as envie de relire celui-ci ! ça vaut le coup quand même😉

  4. UN de mes grands souvanirs d’adolescence. Je le le relirai pas avant une petite dizaine d’année car ma fille aborde l’adolescence et j”ai peur de mal maîtriser mes émotions et identifications.

    • je comprends ce que tu veux dire mais il y a tellement de niveaux de lectures dans ce témoignage que peut-être tu pourrais passer outre le passage à l’adolescence… bon j’en conviens, ça risque quand même d’être difficile !

  5. Un témoignage dense mais indispensable.

    • nous sommes d’accord !

  6. Je sais qu’il est passé entre mes mains à l’adolescence, et donc que je l’ai lu parce que les livres n’étaient pas légion dans mon entourage. En revanche, il ne m’a pas marquée, aussi brutale que ma remarque puisse paraître.
    En revanche, j’avais été vraiment bouleversée par “Le journal de Zlata”, lu à sa sortie. Contrairement à la seconde guerre mondiale, la guerre dans les Balkans est un sujet qui m’habite ; peut-être est-ce là la différence : le contexte car, pour le reste, toutes les guerres sont moches et aucun enfant ne devrait se voir voler une partie de sa vie.

    • il faudrait que je lise alors le journal de Zlata, pour “comparer”. Si Anne Frank m’a tant marqué c’est aussi une question de contexte : c’est ma troisième grand-mère qui me l’a conseillé (quand j’avais 13 ans, c’était ma conseillère attitrée!), je l’ai lu en vacances l’été de mes 13 ans donc, dans un endroit que je trouvais magique et qui l’est toujours dans mes souvenirs et mon coeur… ça fait aussi remonter tout ça, ma grand-mère… mes grands-mères même devrais-je dire.

      • Effectivement, je n’aurais certainement pas appréhendé ce livre de la même façon si je l’avais lu dans ton contexte.
        A 13 ans, quand un nouveau livre me passait dans les mains (généralement par hasard car je n’avais pas d’adulte référent en la matière, ni même côté profs), je le lisais parce que c’était la seule façon de ne pas relire pour la x-ième fois les livres que j’avais déjà lus. Je naviguais à vue et, tout ce que je demandais, c’était d’avoir ma ration de lectures.
        “Le journal de Zlata”, je l’ai acheté avec mon argent de poche, ce qui était déjà un acte différent, un vrai choix (comme tout ce qui avait un rapport avec la guerre en ex-Yougoslavie d’ailleurs. Une guerre sur mon continent, de mon vivant, c’était quelque chose qui me désespérait totalement, d’autant plus que les Etats étaient frileux quand il fallait mouiller la chemise et passer aux actes en matière de défense des droits de l’Homme : j’étais sous le choc ; le droit de vote était enfin à ma portée et ce journal m’a fait réfléchir à ce que j’allais faire de ma vie en tant que citoyenne).

  7. C’est un livre qui a accompagné ma préadolescence car lu au même âge qu’elle avait, et je vivais qque part moi aussi en huis clos avec ma famille (à la campagne, famille peu ouverte au monde extérieur). Et j’étais persuadée que j’aurais, comme elle, plongé dans la lecture et l’apprentissage. Bref je la comprenais intimement, tout comme les colères contre les parents ^^. Enfin c’est un choc que la fin de ce livre quand on a cet âge, qu’on s’est identifié, qu’il s’arrête et se clot par une note de l’éditeur indiquant la fin tragique de l’auteur ! J’ai tjs ce livre mais à présent j’ai l’exemplaire non expurgé des scènes plus intimes (notamment quand elle évoque sa puberté de façon crue) et il m’arrive encore de le parcourir même si je le connais par coeur. Le livre “Elle s’appelait Anne Frank” de Miep Gies m’a aussi bcp touché et je compte visiter l’annexe devenu musée un jour.
    J’ai ausis lu “Le journal de Zlata” et bcp apprécié.

    • Je ne saurais pas te dire quelle édition j’ai exactement (c’est bien la couv du livre de poche que j’ai prise pour illustrer ce billet) mais est-ce la version “crue” ? Il y a bien un passage où elle se met devant le miroir et explique en détail l’anatomie féminine…

  8. Lu quand j’étais toute jeune, tiens oui, le relire, pour voir comment je réagis à l’histoire..

    • Je pense que ça pourrait être très intéressant de comparer ses propres points de vue en fonction des âges auxquels on lit le même livre. Celui-là à une histoire particulière pour moi…

  9. Je fais partie des rares personnes qui ne l’ont jamais lu encore. Je le ferai probablement un jour, surtout que ton article est très convaincant et touchant, mais plus tard : ma dernière expérience avec un titre quasi “universellement” apprécié et souvent lu jeune puis relu à divers âges, a été catastrophique

    • Je suis curieuse de savoir de quel titre il s’agissait… ceci dit, on ne peut pas tout aimer et l’âge n’y est pas forcément pour grand chose ! (il arrive souvent qu’on aime quelque chose qu’on a détesté 10 ans auparavant, mais ne pas aimer un livre tout au long de sa vie me paraît tout à fait naturel !)

      • C’était Le petit prince.😉 Je crois que l’âge a quand même joué un rôle, j’ai eu l’impression de le lire trop tard. Peut-être que je l’aimerai dans quelques années, si le souvenir des problèmes qui ont suivi s’estompe (ça a aussi participé de l’effet catastrophique).

      • les conditions de lecture d’un livre font très souvent partir intégrante de notre ressenti !


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