Une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh – La ligne de front – Manu Larcenet

Je suis tombée par le plus grand des hasards sur cette BD à la bibliothèque. Le titre contient le mot magique (Van Gogh, au cas où vous vous demanderiez…) donc je suis, évidemment, repartie avec.

Je ne suis pas une très grande fan du dessin de Manu Larcenet, mais l’association de Vincent et Manu n’était pas pour me déplaire.

L’idée est plutôt originale : Van Gogh n’est pas mort (son suicide était une mise en scène) et le voilà mandaté pour peindre la réalité de la guerre de 14-18.

Je dois vous dire que j’ai été très déçue et très agacée dans la première partie de la BD. Ok, rien n’est réel ici, Van Gogh était bel et bien mort et n’a jamais été “caporal”. Mais je n’ai pas du tout aimé les réactions de mon cher Vincent vu par Larcenet. Brutal, vulgaire, violent… Non ce n’était pas Van Gogh.

Et puis Van Gogh est arrivée sur les tranchées, et là on commence à retrouver mon Vincent : il rêve que les hommes qui l’entourent deviennent des oiseaux. Et à chaque fois qu’il rêve un de ces hommes en tant qu’oiseau, il meurt. Et puis arrive une petite fille aux grands yeux verts… Je ne vous raconte pas la suite, mais on arrive alors dans une BD totalement différente : pleine de poésie emmêlée dans les horreurs de la guerre, beaucoup d’amour, un peu de folie…

La deuxième partie de la BD correspond bien plus à la sensibilité que pouvait avoir Vincent Van Gogh et je trouve même qu’on retrouve cette sensibilité dans les toutes dernières toiles de Van Gogh dessinée par Larcenet en fin de volume.

J’apprends donc seulement aujourd’hui que “les aventures rocambolesques” existent aussi pour Freud (et d’autres). Je ne suis pas sûre de vouloir réitérer l’expérience, surtout parce que, comme je vous le disais, je ne suis pas une grande fan du graphisme de Larcenet (et je risque de m’attirer les foudres mais tant pis !)

Je ne suis tout de même pas mécontente de cette découverte.

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Published in: on 19/05/2013 at 4:06 PM  Comments (5)  
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Olympe de Gouges, Catel & Bocquet

Femme de lettres et fille des Lumières, Olympe de Gouges est une femme dont je ne connaissais absolument pas la vie.

Mêlant la petite histoire et la grande (Olympe de Gouges a côtoyé les grands de l’époque des Lumières), ce récit est passionnant ! Allant de Montauban jusqu’aux plus grandes places parisiennes où s’est joué l’Histoire, en passant, bien sûr, par les nombreux salons littéraires et les grands théâtres, ce roman graphique est une vraie réussite.

Et il ne le serait pas ça si les illustrations n’étaient pas à la fois pertinentes, douces, fortes et tout simplement magnifiques !!! La ville de Paris, les villages du sud, les expressions de chacun des personnages (et il y en a beaucoup !), tout cela est tout simplement sublime… J’ai particulièrement aimé les dessins des immeubles en début de chaque chapitre. J’ai vraiment eu l’impression d’être face à de véritables gravures…

J’ai d’autant plus apprécié les notices biographiques des personnages principaux et secondaires en fin d’ouvrage, qui donne envie d’en apprendre toujours plus sur notre histoire (la petite et la grande, la mondiale et la locale (ça me fait un petit quelque chose de savoir que Condorcet est décédé à 3 arrêts de RER de chez moi, et ça me fait encore plus quelque chose quand j’apprends que Voltaire serait probablement né là où j’habite (vu qu’il y a au moins deux statues de lui dans la ville, on peut considérer cela comme un fait reconnu par la municipalité!)).

Bref, Olympe de Gouges par Catel & Bocquet connaît déjà un grand succès depuis sa sortie, et un succès mérité.

Une véritable réussite à tous les niveaux !

Published in: on 14/05/2013 at 9:01 PM  Comments (9)  
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La planète des sages, Jul & Charles Pépin

Je ne suis pas spécialement une fan du dessin de Jul, mais apprendre (ou réapprendre) la philosophie et les philosophes ne fait pas de mal, surtout quand c’est fait de manière à la fois ludique et très simple.

Le concept est en effet simple : page de gauche, une planche de Jul, page de droite, explication très concise de l’homme, ou du courant de pensée (voire de l’école !) par Charles Pépin.

Soyons honnête, il y a encore beaucoup de courants de pensée auxquels je n’ai pas compris grand chose (sans forcément chercher à comprendre, le jour où je voudrais faire ça, je ne me contenterai pas d’une BD), et d’autres qui m’ont vraiment donné envie de pousser plus loin la découverte de l’homme/la femme et/ou leur philosophie. Notamment Erasme, Simone Weil, Sartre, Bergson…

J’ai aimé le fait que certaines explications ne soient pas objectives et qu’il y ait clairement des partis pris, notamment quand Jul et Charles Pépin eux-mêmes ne sont pas d’accord (ce qui arrive au moins une fois, pour Nietzsche) : cela prouve bien qu’en philosophie, être objectif est quasiment impossible.

Cependant, je trouve qu’il manque une petite conclusion : tourner la page après Sartre et puis “pouf” plus rien à part un index a été pour moi un peu trop abrupte.

Je n’ai de plus pas compris le choix au niveau de la présentation des philosophes et des courants : ce n’est pas par ordre chronologique, ce n’est pas par pays ou continent… ça a l’air d’être fait complètement au hasard. Pourquoi pas après tout, mais une petite explication avant ou après, une espèce d’épilogue, une ligne ou deux sur la volonté de faire cette BD et la démarche suivie pour la réaliser aurait pu apporter un véritable plus.

Je finis sur des petits points négatifs mais en fait je trouve que c’est un outil introductif merveilleux, justement parce que ludique et parce que donne des points de vue entièrement subjectifs auxquels on peut se confronter. Et puis c’est intemporel. Ma fille à 18 mois. Quand elle aura 18 ans et qu’elle entamera ses cours de philo, je serai bien contente de pouvoir lui sortir cette BD !

 

Published in: on 29/04/2013 at 9:09 PM  Comments (9)  
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Couleur de peau, miel; Jung

Stephie en a parlé récemment et m’a donné envie de relire cette BD en deux tomes pour laquelle j’avais eu un énorme coup de cœur, il y a déjà quelques années.

A vrai dire je me souvenais surtout des dessins de Jung, que j’avais particulièrement aimé. Je me souvenais qu’il s’agissait de son autobiographie : Jung est coréen et a été adopté par une famille belge.

Évidemment tous les détails m’avait échappé : sa mère autoritaire, sa fascination pour le Japon (c’est asiatique mais ce n’est pas la Corée), le fait que ses parents ont adopté une autre enfant coréenne, et tout ce qui caractérise l’entrée dans l’adolescence pour un garçon…

J’ai été assez étonnée de la nuance très subtile qui existent entre les dessins représentant la Corée, surtout ceux qui sont imaginés (rencontre avec sa mère biologique) et le reste. J’aime vraiment beaucoup son trait, j’aime énormément son humour : l’histoire est vraiment racontée de manière un peu détachée mais avec beaucoup de tendresse pour ce jeune garçon et cet adolescent qu’il était, mais ses dessins de Corée sont beaucoup plus doux que les autres; notamment les arbres.

Il y a un petit passage sur les racines des arbres, métaphore pour les racines qu’il n’a pas vraiment et j’ai mieux compris alors pourquoi les arbres lui étaient si doux.

Et puis c’est une histoire très intéressante qui soulève beaucoup de thèmes important : l’adoption bien sûr, l’adolescence, la recherche de soi à travers les autres, la différence (il y avait 7 coréens adoptés dans son village belge, tous aussi différents les uns que les autres), l’entre-aide, la communauté (celle de ses frères et sœurs, celle des autre coréens…).

Si mon premier coup de cœur était certainement dû au dessin (je répète : je suis très sensible à son trait, j’ai d’ailleurs déjà vu par hasard une autre bande-dessinée de lui mais dont je ne me souviens plus du titre qui m’avait également énormément plu au niveau des courbes, de la douceur et de l’esthétique qui se dégage de son dessin); mon deuxième coup de cœur est pour le tout : l’humour, la tendresse,  l’Histoire…

Je recommande !

Published in: on 01/04/2013 at 8:35 PM  Comments (14)  

Les années douces, Taniguchi

Le manga “Les années douces”, est l’adaptation d’un roman japonais de Hiromi Kawakami.

Il s’agit de la rencontre entre Tsukiko, jeune femme célibataire, et son ancien maître d’école. Ils se retrouvent par hasard dans le bar d’un restaurant. Ils ont les même goûts pour la nourriture, pour la solitude, pour l’amitié et tout ce qui peut en découler…

Cette histoire m’a énormément touchée, pour des raisons d’ordre complètement personnel. J’ai eu envie de pleurer à de nombreuses reprises tellement ça m’a émue. Et si j’ai été émue à ce point c’est en grande partie grâce au dessin de Taniguchi qui a un tracé vraiment doux, délicat et qui arrive à rendre les expressions des personnages absolument criantes de vérité.

C’est un manga vraiment réussi, d’une rare beauté, à la fois dans les dessins et dans le scénario. Certes, le rythme est lent, mais il correspond à la mentalité japonaise et il nous permet de déguster chaque petit détail, en particulier les repas échangés entre Tsukiko et le maître !!

J’avoue avoir du mal à en dire plus, même si j’aimerais vous dire à quel point j’ai aimé ce manga. A quel point ce fut un véritable coup de cœur. Mais Pennac le dit lui-même (et je vous en parle très prochainement), un texte magnifique parle de lui-même, pas besoin d’analyse en tout genre et de commentaire mal venus ici : il suffit de le lire, de le regarder, de le déguster…

Published in: on 19/11/2012 at 9:03 PM  Comments (20)  
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L’attentat, Dauvillier & Chapron

“L’attentat” est une adaptation du roman éponyme de Yasmina Khadra. Le premier roman que j’avais lu de cet auteur. Et aujourd’hui encore, le meilleur à mon goût.

J’avais fait un billet à l’époque, que vous pouvez lire ici.

Je me souvenais dans les grandes lignes de l’intrigue : un homme, médecin, qui apprend que sa femme est le kamikaze qui vient de se faire sauter dans un restaurant à Tel-Aviv, et qui ne veut pas croire, ne peut pas croire, que sa femme menait ce genre de combat sans qu’il se doute de quoi que ce soit.

Le scénario est parfait, mais ce qui fait que cette bande-dessinée est extraordinaire, ce sont les dessins, les couleurs et le graphisme. Les émotions des personnages sont criantes de vérités, les expressions sont à couper le souffle. J’ai eu envie de pleurer pendant toute la première partie, et encore bien après !

Si je me souvenais de l’intrigue, j’avais complètement oublié le reste, notamment la fin. La lecture de cette B.D. a donc été pour moi comme une découverte. Et j’ai été d’autant plus époustouflée par la fin. D’après mon billet de l’époque (c’est fou comme les souvenirs de lecture s’estompent!) j’y avais vu une boucle. Ça ne m’a pas fait le même effet ici. J’y ai plutôt vu une vraie fin, horrible et triste mais réaliste.

Peut-être est-ce le fait que le scénario de la B.D. n’a pas la magie et la poésie de la plume de Yasmina Khadra. Mais encore une fois, le dessin aussi magnifique, magique et poétique que la plume de l’auteur fait de cette bande-dessinée une vraie réussite. Et même une envie de relire le roman…

Published in: on 04/09/2012 at 8:06 PM  Comments (4)  

Le viandier de Polpette, vol.1 l’ail des ours Julien Neel & Olivier Milhaud

Vous qui ne lisez que des Bd, le nom de Julien Neel ne vous est pas inconnu, n’est ce pas ? Mais oui bien sûr, c’est bien lui qui nous a offert la géniale B.D ‘Lou’ (oh tiens, j’ai hâte que ma fille ait l’âge de me réclamer toute la série de Lou. En attendant je suis très contente de lui lire l’histoire des 1,2,3 petits chats qui savaient compter jusqu’à trois…)

Bref, je me perds mais c’est parce qu’au coq vert, tout est formidable !!!

Les dessins et les couleurs de Julien Neel nous plongent dans un univers absolument magique ! Dans quel pays et à quelle époque on se trouve ? Peu importe. Nous sommes au coq vert où le cuisinier Polpette vous confectionne de sublimes recettes !

Le coq vert appartient au comte Fausto de Scaramanda, exilé dès son plus jeune âge sur demande express de son père qui ne voulait qu’assurer sa protection… Résultat des courses, Fausto dort tard, aime à se déguiser et à jouer à la bataille navale dans son bain.

Mais au coq vert, il s’en passe des choses !

Chaque personnage est à croquer, aussi bien par son prénom que ses attributions (la belle Alméria chauffagiste, j’adore !!), que par ses déboires… (le cousin méchant qui se fait un masque à la “sophorine végétale active”, j’adore !) (la moustache de Fausto, j’adore !)

D’ailleurs j’adore tout dans cette bande-dessinée ! (je me répète là non ?)

C’est drôle, c’est frais, c’est sympa, c’est plein d’aventures, ça marche pour petits et grands et je vous le conseille vivement ! (tiens voilà que je me mets à faire des rimes moi, j’ai du boire trop de “Hot toddy” (bien que ça ne soit pas vraiment mon genre ;-))

Published in: on 06/08/2012 at 9:28 PM  Comments (5)  

L’Appel des Origines, Vol 1. et Vol.2 Callède, Séjourné, Verney

Je n’en parle pas souvent ici mais je lis de temps à autre quelques bandes-dessinées. Parfois j’ai un gros coup de coeur et il est évident que je viens vous en parler. La plupart du temps j’aime les BDs que je lis, (principalement parce que j’ai de très bonnes conseillères dans mon entourage!) mais je ne prends pas le temps de les mettre en avant.

Ce soir, j’ai très envie de vous parler d’Anna.

Une jeune métisse vivant et travaillant avec son oncle et sa tante à Harlem, n’ayant quasiment jamais quitté le restaurant, sa deuxième maison où elle a apprit à lire et à compter. Le soir, elle va s’amuser dans les bars en dansant sur les rythmes de Jazz, dans la confidence de sa grand-mère aveugle. Mais celle-ci décède peu de temps après avoir entendu après vingt ans le nom du père d’Anna : un blanc parti en expédition en Afrique et dont nous n’avons plus de nouvelles…

Anna, avec l’aide de Simon qu’elle a rencontré au Muséum d’histoire naturelle, décide de partir à la recherche de son père, ce qui n’est pas pour plaire à Marcus, le propriétaire du bar où elle va danser plusieurs fois par semaine.

Ce que j’aime dans les bandes-dessinées c’est avant tout le graphisme. Ici je dois dire que je suis époustouflée. Toutes les planches sont magnifiques, les personnages ont des expressions bien réelles et on peut constater jusque dans les détails à quel point les auteurs et les graphistes sont perfectionnistes… Pour notre plus grand bonheur ! Vraiment, les yeux verts d’Anna, le rictus de Marcus, les coups de poings qui valsent sans qu’on s’y attende… On entendrait même le son sortir de la sublime chanteuse de jazz, Ethel Waters…

Premier très bon point donc.

Deuxième bon point pour le récit : dans le premier tome on a le sentiment de nager en plein polar américain des années 20. Dans le deuxième, on a part à l’aventure dans un magnifique récit de voyage entre les Etats-Unis et l’Afrique, tout en voyageant dans le temps avec les paléontologues qui font partie de l’expédition et qui n’ont cesse d’admirer l’infiniment grand quand ils regardent les étoiles…

C’est très poétique. Très émouvant aussi. Anna est toujours tiraillée par sa couleur de peau. Soit elle est trop blanche, soit elle est trop noire. Elle est tiraillée par ses sentiments aussi. Elle est fragile mais en même temps très forte. C’est très riche en histoires aussi : l’histoire du jazz, l’histoire de Harlem, l’histoire du cinéma, l’histoire de la littérature un peu aussi puisque nous avons la chance de croiser Karen Blixen…

En bref, “L’Appel des Origines” est une véritable réussite.

Vivement la suite !

Published in: on 14/07/2012 at 7:55 AM  Comments (1)  

La belle image & Quartier lointain

Par un pur hasard, j’ai lu deux bandes-dessinées aujourd’hui qui tournent autour du même thème.

J’avais repéré “La belle image” chez Richard. Il s’agit d’une adaptation d’un roman de Marcel Aymé que je ne connaissais pas. Ce qui m’a attiré au départ c’est bel et bien le scénario : Raoul Cérusier veut faire refaire son permis et lorsqu’il donne ses photos à l’administration, on lui rétorque que ce n’est pas lui. En sortant des bureaux, il voit son reflet dans un miroir et se rend compte que son visage n’est pas le sien. Il est plus séduisant, plus sûr de lui… Comment va-t-il faire puisque personne ne le reconnait ? A son travail ? Chez lui, avec sa femme et ses enfants ?

J’ai apprécié la lecture de cette bd, encore une fois pour le thème. Le dessin ne m’a pas déplu mais ne m’a pas emportée non plus. Je pense qu’il aurait mieux fallu que je lise le roman de Marcel Aymé pour entrer un peu plus dans les détails des émotions et du ressenti du personnage principal.

Quant à “Quartier lointain“, de Taniguchi je me suis rendue compte assez rapidement que je l’avais déjà lu. Mais c’était il y a quelques années et je ne crois pas en avoir parlé sur mon blog. J’ai toujours aimé les dessins de Taniguchi. Ses traits m’emportent vraiment. Je trouve que sous son crayon, tout est beau, tout est magique, tout est doux. Pourtant les thèmes ne sont pas toujours facile, il me semble.

Et même si je l’avais déjà lu, je ne m’en souvenais plus vraiment et j’ai pris un réel plaisir à lire ce manga, aussi bien pour le graphisme que pour le scénario.

Scénario qui ressemble étrangement à “La belle image” puisqu’ici le héros se retrouve dans sa ville natale et après s’être endormi dans le cimetière où repose sa mère, se réveille dans la peau de ses 14 ans… Contrairement à Raoul Cérusier, héros de “La belle image”, il n’a pas changé de visage, il a simplement rajeuni.
C’est un scénario qu’on peut souvent trouver en littérature ou au cinéma, mais je n’ai pas tout vu ou tout lu sur le sujet et je ne sais pas vraiment comment le sujet “peut-on refaire sa vie ?” a été traité ailleurs.

Ici, que ce soit dans “Quartier lointain” ou “La belle image“, le message est le même. Et si les deux scénarios sont un peu fantastiques ou absurdes au départ, ils posent les mêmes questions existentielles : est-on heureux aujourd’hui ? Et si on avait la possibilité de changer, de revenir en arrière, de changer le cours de ses évènements, que ferait-on ? Peut-on se contenter de ce qu’on a ? Ouvre-t-on suffisamment les yeux sur notre bonheur, sur nos défauts, sur notre manière d’être et de vivre ?

Je mélange évidemment un peu les deux bandes-dessinées ici mais l’expérience étrange et incompréhensible vécues par nos deux héros, l’un au Japon et l’autre à Paris, les amènent aux mêmes conclusions.

Si on s’arrête à chacune B.D en soi, il est clair que j’ai préféré le manga de Taniguchi (qui a été adapté au cinéma l’année dernière). Mais je savais que le coup de crayon de Taniguchi me plaisait et m’émouvait même. Je pense que je pourrais regarder ses planches comme on admire un tableau dans un musée. Comme je le disais plus haut, ses dessins m’emportent. De plus, j’ai apprécié le scénario.

Pour “La belle image” (de Cyril Bonin, je ne pense pas l’avoir déjà dit !!) dans la mesure où j’ai surtout apprécié le scénario et moins le dessin, et que le scénario est une adaptation, j’ai le sentiment d’avoir été un peu flouée… C’est bête n’est ce pas ?

Published in: on 20/08/2011 at 5:46 PM  Comments (4)  

L’immeuble d’en face, Vanyda

“L’immeuble d’en face” est une chronique en trois volumes relatant la vie des habitants d’un immeuble : au 3è étage, Claire et Louis, 22 et 24 ans. Deuxième étage, Fabienne et Jacky 47 et 48 ans, avec leur dogue allemand Gipsy. Et au premier étage, Béatrice 26 ans avec Rémi, 4 ans et une petite sœur à venir.

Le quotidien de chacun, les doutes, les peurs, les joies, les peines, les sorties, la vie tout simplement… Voilà tout ce que nous offrent ces trois volumes de “L’immeuble d’en face”. Des personnages plus qu’attachants, des personnes qui apprennent à se connaître au détour d’un couloir, qui s’entraident les jours de pluie ou les jours d’accouchements. Des personnes qui se connaissent peu mais finissent toujours pas s’épauler.

Si le quotidien de Claire et Louis est le plus représenté, les autres n’en sont pas moins oublié. On se demande alors si Béatrice arrive à élever ses deux enfants seule. On entre dans l’intimité de Fabienne et Jacky se demandant sans cesse si ces deux-là sont heureux…

Cette bande-dessinée est donc une superbe chronique, touchante et criante de vérité. Quant au dessin, il va sans dire que c’est un genre que j’adore : tout en noir et blanc, un trait proche du manga… C’est le genre de dessin qui va bien avec la notion de quotidien, peut-être parce que c’est proche des dessins animés que nous regardions enfant…

Toujours est-il que si le comte de Skarbek fut mon coup de coeur 2010, “L’immeuble d’en face” pourrait très bien être mon coup de coeur BD 2011 (eh eh, c’est pratique de lire des bandes-dessinées à deux jours d’intervalles quand ces deux jours sont séparés par une année !! ;-)…

Mais si je suis vraiment triste d’avoir quitté ce petit monde (vraiment, je suis triste d’avoir terminé, c’est un sentiment que je ne connais pas souvent lors de mes lectures), je dois reconnaitre un seul bémol : A part Louis qui est dans l’informatique et dont on peut supposer qu’il gagne assez d’argent pour que Claire continue ses études, on se demande comment tout ce monde là arrive à vivre… Fabienne bosse dans une station service mais Jacky ? Quant à Béatrice, il n’est jamais question de boulot, or, elle élève seule deux enfants… Un tout petit manque de réalisme à ce niveau-là mais une magnifique chronique quand même !

Un grande merci à Amandine pour le prêt et donc, la découverte ! 🙂

PS : Je prends goût à mes lectures bédéesques… Mais la rentrée littéraire de janvier pointe le bout de son nez… Je n’en oublierai pas pour autant les auteurs morts ! En attendant, je vous souhaite à tous et à toutes une très bonne année 2011 !

PPS : tiens, il parait que ce blog a un an aujourd’hui !

Published in: on 01/01/2011 at 8:54 PM  Comments (21)