L’éléphant, revue de culture générale, numéro 2

Je vous parlais il y a quelques semaines d’une nouvelle revue de culture générale, “L’éléphant”. Mon verdict avait été “bien mais peut mieux faire”. J’ai donc lu le numéro 2, afin de voir si certaines choses avaient changé ou non.

Mon verdict ? A mieux fait 😉

Ce qui m’avait gêné dans le premier numéro, c’était de nombreux articles très court, entre les grands dossiers, et pas suffisamment creusés à mon goût.

Pour moi donc, il y a une nette amélioration et j’ai trouvé TOUT très intéressant, et toujours autant accessible (tout en donnant des pistes pour aller plus loin si on le souhaite). Il y a toujours des grands dossiers “témoins” “sciences” “sport” “art” etc. mais aussi les “autres rendez-vous” qui sont censés correspondre aux petits articles qui m’avaient gêné dans le premier qui, ici, vont plus en profondeur dans les sujets abordés.

Par exemple, après l’agenda du premier trimestre 2013, il y a des mini dossiers sur les 100 ans qu’on fête cette année : 100 ans de la sortie de Alcools, 100 ans de la naissance d’Albert Camus… Mais aussi des indices pour trouver une œuvre d’art, l’histoire des légumes, les influences de Jean-Louis Etienne….

Bref, le final de ma lecture du premier numéro était : il faut lire le 2ème pour savoir si je vais continuer. Maintenant que j’ai lu le 2ème, oui, je vais continuer. D’autant que l’éléphant inclut le lecteur en demandant son avis et en proposant de l’envoyer à la revue pour éventuellement le publier dans le prochain numéro, et toujours avec des quizz en fin de dossier (mais pas tous les dossiers, dommage…), en début de revue pour savoir ce qu’on a retenu du premier numéro (pas évident quand la lecteur remonte à loin!) et en fin de numéro avec des indices pour trouver les sujets qu’abordera le 3è numéro !

Une revue évolue, nos propres goûts, attentes et besoins aussi. Je ne sais pas si je continuerai à vie de lire cette revue (qui n’est quand même pas donnée au  niveau du prix), mais je vais continuer un certain temps, c’est sûr !

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La planète des sages, Jul & Charles Pépin

Je ne suis pas spécialement une fan du dessin de Jul, mais apprendre (ou réapprendre) la philosophie et les philosophes ne fait pas de mal, surtout quand c’est fait de manière à la fois ludique et très simple.

Le concept est en effet simple : page de gauche, une planche de Jul, page de droite, explication très concise de l’homme, ou du courant de pensée (voire de l’école !) par Charles Pépin.

Soyons honnête, il y a encore beaucoup de courants de pensée auxquels je n’ai pas compris grand chose (sans forcément chercher à comprendre, le jour où je voudrais faire ça, je ne me contenterai pas d’une BD), et d’autres qui m’ont vraiment donné envie de pousser plus loin la découverte de l’homme/la femme et/ou leur philosophie. Notamment Erasme, Simone Weil, Sartre, Bergson…

J’ai aimé le fait que certaines explications ne soient pas objectives et qu’il y ait clairement des partis pris, notamment quand Jul et Charles Pépin eux-mêmes ne sont pas d’accord (ce qui arrive au moins une fois, pour Nietzsche) : cela prouve bien qu’en philosophie, être objectif est quasiment impossible.

Cependant, je trouve qu’il manque une petite conclusion : tourner la page après Sartre et puis “pouf” plus rien à part un index a été pour moi un peu trop abrupte.

Je n’ai de plus pas compris le choix au niveau de la présentation des philosophes et des courants : ce n’est pas par ordre chronologique, ce n’est pas par pays ou continent… ça a l’air d’être fait complètement au hasard. Pourquoi pas après tout, mais une petite explication avant ou après, une espèce d’épilogue, une ligne ou deux sur la volonté de faire cette BD et la démarche suivie pour la réaliser aurait pu apporter un véritable plus.

Je finis sur des petits points négatifs mais en fait je trouve que c’est un outil introductif merveilleux, justement parce que ludique et parce que donne des points de vue entièrement subjectifs auxquels on peut se confronter. Et puis c’est intemporel. Ma fille à 18 mois. Quand elle aura 18 ans et qu’elle entamera ses cours de philo, je serai bien contente de pouvoir lui sortir cette BD !

 

Published in: on 29/04/2013 at 9:09 PM  Comments (9)  
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Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki Murakami

Ce mois-ci sera ici un mois japonais, et peu importe si ce mois dure 45 ou 123 jours !

Quoi de mieux donc que “l’autobiographie” de Murakami ?

Cet essai, qui est bien comme son nom l’indique un autoportrait, est une espèce d’introspection autour des raisons pour lesquelles Murakami court, qu’est ce que ça lui apporte dans son métier d’écrivain et sa vie de tous les jours.

On pourrait penser que ce cheminement très personnel risque d’être ennuyeux. Eh bien pas le moins du monde ! Je ne saurais expliqué pourquoi… Si ce n’est que j’ai moi-même pratiqué le jogging il y a quelques temps pendant quelques mois (l’hiver a eu raison de moi mais ne soyons pas défaitiste, les cerisiers ont commencé à fleurir, je vais pouvoir prendre à nouveau ma bonne résolution!), et j’ai donc compris le processus, les pensées, les états d’âme, d’esprit et de corps que Murakami pense et ressent lorsqu’il court.

Je crois d’ailleurs que c’est surtout ça qui m’a plu : un auteur japonais m’a permis de me rendre compte à quel point courir pouvait être une activité indispensable au bon fonctionnement de ses nerfs et de son cerveau. Je le savais déjà, courir c’est bon pour la zénitude et c’est bon pour les neurones. Disons que je me suis sentie en adéquation totale avec les propos de Haruki Murakami.

Mais seulement au niveau de la course. La toute dernière partie est consacrée au triathlon, et si j’ai toujours bien aimé faire du vélo et nager, j’avoue que cette partie m’a laissé entièrement de marbre. J’ai trouvé qu’elle était là uniquement pour se prouver à lui-même qu’il pouvait faire tout ce qu’il avait décidé même si ses aptitudes physiques baissent avec l’âge. Les 3/4 du livre sur la course sont emprunt d’une certaine philosophie de vie et je n’ai absolument pas retrouvé cela dans les dernières pages.

Toujours est-il que si vous aimez courir et/ou si vous aimez Murakami, je vous conseille cet essai qui n’en est pas un. Je n’irai pas jusqu’à dire que cela permet de comprendre l’œuvre entière (que je suis loin d’avoir lue!) de l’auteur, mais ça donne de bonnes pistes de réflexion. Ça et bien sûr, une forte envie d’aller fouler les allées fleuries du magnifique parc à côté de chez soi !

Couleur de peau, miel; Jung

Stephie en a parlé récemment et m’a donné envie de relire cette BD en deux tomes pour laquelle j’avais eu un énorme coup de cœur, il y a déjà quelques années.

A vrai dire je me souvenais surtout des dessins de Jung, que j’avais particulièrement aimé. Je me souvenais qu’il s’agissait de son autobiographie : Jung est coréen et a été adopté par une famille belge.

Évidemment tous les détails m’avait échappé : sa mère autoritaire, sa fascination pour le Japon (c’est asiatique mais ce n’est pas la Corée), le fait que ses parents ont adopté une autre enfant coréenne, et tout ce qui caractérise l’entrée dans l’adolescence pour un garçon…

J’ai été assez étonnée de la nuance très subtile qui existent entre les dessins représentant la Corée, surtout ceux qui sont imaginés (rencontre avec sa mère biologique) et le reste. J’aime vraiment beaucoup son trait, j’aime énormément son humour : l’histoire est vraiment racontée de manière un peu détachée mais avec beaucoup de tendresse pour ce jeune garçon et cet adolescent qu’il était, mais ses dessins de Corée sont beaucoup plus doux que les autres; notamment les arbres.

Il y a un petit passage sur les racines des arbres, métaphore pour les racines qu’il n’a pas vraiment et j’ai mieux compris alors pourquoi les arbres lui étaient si doux.

Et puis c’est une histoire très intéressante qui soulève beaucoup de thèmes important : l’adoption bien sûr, l’adolescence, la recherche de soi à travers les autres, la différence (il y avait 7 coréens adoptés dans son village belge, tous aussi différents les uns que les autres), l’entre-aide, la communauté (celle de ses frères et sœurs, celle des autre coréens…).

Si mon premier coup de cœur était certainement dû au dessin (je répète : je suis très sensible à son trait, j’ai d’ailleurs déjà vu par hasard une autre bande-dessinée de lui mais dont je ne me souviens plus du titre qui m’avait également énormément plu au niveau des courbes, de la douceur et de l’esthétique qui se dégage de son dessin); mon deuxième coup de cœur est pour le tout : l’humour, la tendresse,  l’Histoire…

Je recommande !

Published in: on 01/04/2013 at 8:35 PM  Comments (14)  

Underground, Haruki Murakami

En 1995, les passagers du métro de Tokyo ont été victimes d’une attaque terroriste au gaz sarin. Quelques personnes sont mortes, des centaines d’autres blessées et plusieurs ont des séquelles à vie, plus ou moins grave. Quelques mois plus tard, Murakami a interviewé le plus de personnes possibles ayant vécu ce moment, pour montrer au monde ce qu’ils avaient réellement vécu, vu et ressenti.

J’avoue être passée par plusieurs phases lors de la lecture de ce livre. Et je vais essayer de vous les restituer dans l’ordre “chronologique” de ma lecture.

J’ai donc d’abord trouvé ça un peu ennuyeux parce qu’assez répétitif, disons dans les 5 premières interviews. Et j’ai surtout trouvé que ça relevait vraiment du voyeurisme et je m’en voulais même de continuer, tout en me disant que je comprenais la démarche de Murakami : en parler pour ne pas oublier.

Et puis il y a eu une interview du frère d’une jeune femme qui a eu des graves séquelles. J’aurais pu être encore plus dégoûtée par moi-même de ce regain d’intérêt pour une femme qui existe vraiment et qui est devenu presque un légume (avant de faire de gros progrès), mais étrangement j’ai commencé à lire “entre les lignes” et plus que des témoignages de victimes, je me suis surtout intéressée aux témoignages de japonais… Cette jeune femme par exemple était caissière dans un supermarché. La veille de l’attaque était un dimanche, elle avait donc beaucoup de travail (on note : les supermarchés au Japon sont ouverts le dimanche et sont pleins à craquer), et la plupart du temps le dimanche elle n’a même pas le temps de prendre une pause pour déjeuner !!!!!!!!!  J’ai donc commencé à m’intéresser à ces petits détails : le temps de trajet extrêmement long qui est pour eux normal; le fait que beaucoup travaillent “dans des bureaux”, font des heures supplémentaires jamais payées; le fait que la plupart quitte leur parents seulement quand ils se marient, et que si les parents sont vieux ou malades, il y a toujours un enfant pour s’occuper d’eux sans jamais se marier…

J’ai ensuite été choquée de voir que les médecins, les pompiers, et le réseau des transport japonais ont complètement été dépassés par les évènements. La crise a été très mal gérée par toutes ces instances, et certains ont attendu des ambulances pendant une heure pour finalement héler des taxis !!!!! Il est dit à quelques reprises que le Japon avait été (au moins jusqu’alors) un lieu très sûr. Du coup, on peut comprendre qu’ils n’aient pas été suffisamment bien organisé et préparé.

Cependant un éminent médecin d’une université avait travaillé sur le gaz sarin (car il y avait eu une autre attaque auparavant), et par un hasard inouï, devait ce jour-là faire une conférence dessus. Il avait donc toutes ses notes. Il dit à Murakami qu’il a fait quelque chose qu’aucun japonais n’aurait fait : il a piétiné sur le rôle des autres, en appelant tous les hôpitaux et en leur faxant ses notes pour qu’ils sachent quoi faire. Ils ont ainsi évité de nombreux morts ou blessés grave. Je savais que la mentalité japonaise était très différente de la nôtre mais on se rend compte en une simple ligne à quel point ça peut tout changer…

Je vous avoue pourtant que le Japon, la mentalité et la société japonaises me fascinent, même si je ne prends jamais le temps de me documenter dessus.

Et pour faire comme Murakami et passer de la première à la seconde partie :

Dans cette partie, Murakami interviewe des membres de la secte qui a perpétré l’attaque. Secte ou ordre religieux, je vous avoue que vu les différents témoignages,  je ne saurai dire ce qu’il en est.

J’ai trouvé cette deuxième partie très intéressante parce que les quelques personnes interviewées ont des vécus, des avis et des ressentis très différents, à la fois sur la secte, sur leur “gourou” et sur le fait qu’il a ordonné cette attaque. Même si tout le monde est d’accord pour dire que c’est horrible. Et tout le monde y a vécu des bons moments et ne regrette pas les années passés en son sein. Chacun cherchait une espèce de simplicité à la vie, une élévation spirituelle…

Ce qui m’a choquée c’est cette jeune femme qui avait refusé des relations sexuelles avec le gourou et qui a subi des électrochocs, a perdu la mémoire et ne sait absolument pas ce qu’il s’est passé par la suite, pendant deux ans !!! Elle n’a pas du tout l’air de faire le rapprochement entre son refus et le traitement qu’elle a subi par la suite… Murakami retranscrit pourtant fidèlement les propos des personnes interviewées, avec leur accord, leur relecture etc. mais la manière dont c’est écrit m’a sauté aux yeux. Est-ce encore cette mentalité japonaise qui enfouit tout sous terre, essaie de ne pas faire en sorte que les dirigeants soient mis en cause et ne parle jamais de rien qui fait qu’elle ne fait pas le rapprochement ?

Ma dernière remarque sera sur le temps pris pour la traduction française (traduit d’ailleurs de l’anglais ?) : quand j’ai été contente de lire cet essai qui m’a permis de mieux connaître la société japonaise, j’ai vite remis les choses dans leur contexte : c’était il y a presque 20 ans, bien des choses ont changé dans le quotidien des japonais.

L’avis de Minou, avec qui je suis entièrement d’accord, mais qui est bien plus concise que moi !

Published in: on 27/03/2013 at 8:48 PM  Comments (13)  
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Journal d’Anne Frank

Ceux qui me lisent depuis mon premier blog se souviendront peut-être que je parlais déjà du journal d’Anne Frank dans mes tout premiers billets.

Ce livre (témoignage ? récit ? comment peut-on définir le journal d’Anne Frank ??) a littéralement changé ma vie lorsque je l’ai lu pour la première fois. C’est d’ailleurs le seul livre que j’ai relu au cours de mon adolescence, y trouvant à chaque fois un nouveau niveau de lecture puisque je grandissais, presque en même temps qu’elle…

Pourquoi avoir relu ce journal aujourd’hui ?, me demanderez-vous. Simplement parce que le protagoniste du dernier roman que j’ai lu ne le quitte jamais car c’est tout ce qui lui reste de sa mère. Il ne parle jamais du livre, c’est juste un objet qui l’accompagne. Cette référence dans un roman contemporain japonais m’a fait sourire, m’a fait plaisir et m’a donné envie de me sentir à nouveau proche d’Anne, qui fut peut-être sans que je m’en rende compte une grande amie pendant mes années d’adolescente.

D’ailleurs, j’ai eu chaud au cœur quand j’ai lu au début du journal qu’elle n’avait pas “d’amie avec un grand A”…

Et sans transition, je me dis que même à 29 ans, à ma quatrième relecture, et après plus de 10 ans sans l’avoir ouvert, ce témoignage me chamboule, me bouleverse, m’émeut…

Cette fois j’y ai vu tous les niveaux de lecture en une seule fois : le témoignage des gens quotidiens, des juifs cachés pendant la guerre ; le journal intime du jeune fille qui entre dans l’âge adulte et qui se pose beaucoup de questions ; l’ambition de cette jeune femme qui aime écrire, qui veut écrire, qui veut devenir quelqu’un ; l’apparition du sentiment amoureux…

Tout est intéressant dans ce témoignage et j’ai été plus d’une fois étonnée de la maturité de Anne Frank, de sa capacité à analyser les faits et gestes de ceux qui l’entourent mais surtout des siens et donc de se remettre en question et d’essayer de se comprendre !

Je vous l’ai déjà dit, c’est la quatrième fois que je lis ce livre dans ma vie et pourtant, c’est la première fois que je lis la postface. Et je crois que j’ai été déçue… Non pas déçue mais je suis un peu descendu de mon nuage quand je me suis rappelé que l’édition que nous lisons n’est pas si transparente, Anne Frank elle-même ayant repris son journal lorsqu’elle a entendu à la radio que les témoignages des gens “ordinaires” seraient rassemblés après la guerre. Je n’étais pas au courant non plus de toutes les problématiques éditoriales, et des batailles pour justement prouver l’authenticité du journal présenté. Je ne savais même pas que les contes écrits par Anne Frank étaient disponibles au livre de poche !!

En lisant cette postface, je me suis presque sentie comme une traître vis à vis d’Anne. Et puis j’ai relativisé : je crois que, à 29 ans, alors que je suis maman d’une fille de 16 mois et que je me demande déjà comment sera notre relation quand elle aura 16 ans, j’ai encore lu Anne Frank avec l’âme de cette adolescente de 13 ans, rêveuse, ambitieuse, qui avait envie d’écriture, de poésie et de garçons.

Cette quatrième relecture ne sera donc certainement pas la dernière. Même si la prochaine fois sera dans 12 ou 13 ans, quand ma fille aura envie de le découvrir aussi et alors, je me replongerai dedans avec joie !

p.240 “Oui, je ne veux pas, comme la plupart des gens, avoir vécu pour rien. Je veux être utile ou agréable aux gens qui vivent autour de moi et qui ne me connaissent pourtant pas, je veux continuer à vivre, même après ma mort !”

Published in: on 25/02/2013 at 4:52 PM  Comments (22)  

L’éléphant, la revue de culture générale

Quand j’ai vu sur les kiosques parisiens la publicité pour cette nouvelle revue, j’ai été fort intriguée : je me suis toujours senti en retard sur ma culture générale.

J’ai donc lu, et beaucoup aimé, l’édito, qui précise que cette revue est “curieu(se) de tout” et que “lire c’est surtout du plaisir”. Alors je me suis lancée dans le plaisir de cette lecture à travers neuf dossiers fournis, et quelques autres articles un peu creux…

La culture générale, comme son nom l’indique, est vaste et recouvre un champ infini de connaissances. Les dossiers sont donc disparates : sciences, littérature, histoire, encyclopédie, international, musique, philosophie… Je dois dire avoir été agréablement surprise par l’accessibilité de chacun de ses dossiers. Les articles sont clairs, concis, précis, écrits simplement et j’ai été ravie de tout savoir  de “La Recherche” sans en avoir lu une ligne, de comprendre la théorie du big bang, de me replonger dans des cours de philo, et de connaître un peu d’histoire Chinoise pour mieux comprendre les enjeux des prochaines élections.

Ce que j’ai particulièrement aimé c’est le ‘quizz’ à la fin de chaque dossier qui permet d’apprendre et de retenir en s’amusant, ainsi que l’agenda de l’année 2013 et et le focus 2012 (la chronique décalée est particulièrement savoureuse).

Mais, car il y en a un, tous ces dossiers sont entrecoupés de petits articles, ou de dossier type “témoignages de 25 personnalités à qui on a demandé à quoi servait la culture générale”, qui n’apportent pas grand chose à mon avis. Un mini article sur une artiste japonais, des inventions des rues, et même le dossier “influences” m’ont laissé perplexe.

Au final mon avis serait “très bien” mais la balance penche encore pour “bien mais peu mieux faire”. Disons que j’attends le deuxième tome pour me faire une idée plus précise.

Le site Internet, que j’ai à peine parcouru, me semble être cependant un prolongement de bon augure !

 

Published in: on 07/02/2013 at 8:08 PM  Comments (18)  
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Marguerite Duras ; La passion suspendue. Entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre

Je connais peu Marguerite Duras mais les deux ou trois livres que j’ai lu m’ont beaucoup plu. J’ai aimé son écriture, son style elliptique… Elle m’a beaucoup touchée et à chaque lecture j’ai voulu approfondir ma connaissance de cette auteure mythique. Pourtant, je ne l’ai jamais fait.

Entendre à la radio parler italien, entendre des extraits de la voix de Marguerite Duras, qui avait un timbre si particulier, entendre parler de la maison de Neauphles-le-Château (banlieue lointaine où Marcus Malte situe l’action de “Les harmoniques”), m’ont donné envie de lire ces entretiens; très bon moyen de faire connaissance avec l’auteure et son œuvre.

Ces entretiens ont eu lieu à la fin des années 1980, mais ce n’est qu’aujourd’hui qu’on les a découvert, et traduit. Il est précisé dans la note du traducteur que “le fait que L.Pallotta della Torre soit italienne, sa détermination même, son insistance, l’ordre de ses thématiques et sa pensée très structurée empêchaient une certaine complaisance et les dérobades que l’on note dans la plupart des entretiens publiés jusqu’ici“. N’ayant jamais lu aucun entretiens de M.Duras, je n’ai pas de point de comparaison.

Pourtant j’ai aimé justement cette “pensée structurée”. Les entretiens sont composés en treize chapitres, de “l’enfance” aux “années parisiennes”, en passant par “la critique”, “le cinéma”, “le théâtre” et bien sûr “la passion”.

J’ai lu ce livre en ayant vraiment le sentiment de comprendre Marguerite Duras, de comprendre ses livres, de comprendre sa vie, de comprendre ses envies, de comprendre ses “blancs” que je ne connais pas spécialement. J’ai eu le sentiment de l’entendre parler aussi (beau travail du traducteur qui traduit de l’italien des propos originellement tenu en français, chapeau M.René de ceccatty!).

J’ai eu envie de visiter tous ses lieux, j’ai eu envie de lire tous ses livres. J’avoue avoir eu moins envie de voir ses films ! J’ai eu envie de la connaître et de lui parler. Je l’ai sentie vivante à travers ces entretiens.

En bref, une très belle lecture qui permet d’approfondir notre connaissance de Marguerite Duras et qui donne envie de plonger dans son œuvre complète !

PS : je me demande ce que donnerait le livre “La douleur” aujourd’hui… Un livre que j’ai lu et qui ne parle pas de la douleur physique que seule éprouve une femme “sans être anéantie”. Pourtant elle parle de ça à travers ce livre, et bien d’autres : la douleur de mettre un enfant au monde. Que dirait-elle aujourd’hui, à l’heure des péridurales ?
Published in: on 23/01/2013 at 8:36 PM  Comments (18)  
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Comment le web change le monde, Francis Pisani & Dominique Piotet

Je ne vous embêterai pas à vous expliquer pourquoi j’ai lu ce livre. Disons que je faisais des recherches, je suis tombée sur ce titre, j’ai vu qu’il était dipso sur Ibooks (dont je ne me sers jamais), j’ai cliqué, j’ai acheté, j’ai lu. Et j’ai aimé.

Enfin si on peut utiliser ce terme pour des essais.

Comment le web change le monde” a donc vocation a réfléchir sur le web aujourd’hui.

Le livre est assez clair et limpide. Les chapitres sont tous conclus par un encadré “trois idées clés” qui résument très bien ce qu’on vient de lire. Un outil parfait quand notre attention est un peu retombée ou qu’on n’a pas tout compris ! 😉

Les idées principales qui se dégagent de cet essai sont que les jeunes et les réseaux sociaux changent le web (le web social ou web 2.0), que les mises en relation (des documents, des données, des personnes) sont bien plus faciles aujourd’hui et que cela change notre manière d’être et de faire. Un autre idée qui ressort c’est que le web est “dans les nuages”. Avec nos smartphones, nos tablettes, les outils tels que “Google docs” qui sont accessibles de n’importe quel ordinateur, le web est “mobiquitaire” et nous sommes tous (plus ou moins) hyperconnectés. Les auteurs appellent les internautes d’aujourd’hui (c’est-à-dire vous et moi) les “webacteurs” parce que nous produisons une grande partie des données. L’exemple ici-même avec ce blog !! Bref les foules, les internautes publient et informent ! Ce qui changent la donne économique des entreprises mais aussi des médias.

Si je devais retenir un ou deux mots pour résumer tout cela je dirai “ouverture” et “métissage”. Ce dernier mot correspond à ce que sera le web de demain d’après les auteurs. Il faut aujourd’hui avoir un peu de tout pour que ça marche (exemple sur les sites des quotidiens nationaux avec des articles fait par les professionnels mais commentés par tous).

Lire ce livre a été pour moi une expérience vraiment très intéressante. Pour deux raisons. La première pratique : lire un essai sur Ipad. Ce n’est pas la première fois que je lis sur Ipad mais je me dis que pour ce genre de livre, l’expérience est à retenter.  La deuxième raison est plus intellectuelle. Pour vous raconter ma vie, sachez que j’ai 29 ans et que la plupart des gens de mon âge n’avait pas d’ordinateur chez eux quand ils étaient petits. Moi si, mon père travaillant chez Apple à l’époque. En 1993 ou 1994, la plupart des gens de mon âge ne savait pas se servir d’Internet (et ne l’avait pas chez eux), moi si, toujours grâce au travail de mon père. Et pourtant, aujourd’hui je me sens complètement à part de la jeune génération décrite dans ce livre. Certes je suis sur facebook, certes j’ai un blog et je suis de fait un webactrice, certes j’ai un Iphone et je me sers de temps à autre de certaines applications qui me “facilitent la vie”. Certes j’ai un Ipad (je précise que c’est un cadeau, je n’en ai qu’une utilité très restreinte), et pourtant je me sens à part dans ma manière de vivre.

Bref, sociologiquement et intellectuellement, j’avais vraiment envie d’en savoir plus sur ce phénomène typique du XXIè siècle.

Et je me sens beaucoup plus enrichie après la lecture de ce livre.

Pourtant, je dois dire que j’ai été étonnée par certains aspects du livre : les mêmes exemples reviennent à de très nombreuses reprises, dans des chapitres différents (mais au final on parle toujours de la même chose n’est ce pas ?), et je trouve qu’il y a beaucoup de répétitions. Disons que si ça m’a enrichie, c’est peut-être aussi parce que ces quelques défauts font que c’est accessible au grand public, malgré l’éditeur qui en général vise plutôt les entreprises et les managers!

Published in: on 11/01/2013 at 5:00 PM  Comments (12)  
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L’art français du thé, Mariage frères

Cela fait déjà plusieurs années que j’ai acheté ce livre, persuadée que j’allais m’en servir à chaque fois que je voulais me faire un vrai thé : la bonne eau, la bonne température, le bon temps d’infusion… je n’avais qu’à jeter un œil dans le livre et le tour était joué !

Je me rends compte aujourd’hui pourquoi il était resté relégué sur mon étagère de livre de cuisine… La première, bien sûr, c’est parce qu’on ne prend jamais le temps de se faire un vrai thé quand on en boit principalement un gros bol le matin au petit déj, ou une pleine mug le soir après le repas pour digérer et se réchauffer.

La deuxième c’est parce que je trouve ce livre vraiment mal fichu. Soyons honnête, je n’ai pas tout lu. J’ai lu ce qu’on peut appeler “l’introduction”, qui se veut d’abord une histoire (très très rapide et concise) de Mariage frères en particulier, et du thé en général.

Ce n’est pas inintéressant, mais ça veut tellement tout brasser en peu de pages qu’on a vraiment l’impression que c’est fouilli. Et puis si je me suis replongée dans ce livre c’est parce que je suis allée voir la superbe expo au Musée Guimet, pour le coup très riche et très intéressante.

Le hic sur ce livre ? C’est que lorsqu’on a un thé chez soi, qu’on cherche dans l’index le dit-thé, on trouve une explication sur sa provenance, à quel moment le boire, quel goût, quelle saveur… mais rien sur la température de l’eau, le temps d’infusion etc. Il faut se reporter au tableau d’infusion en début de livre et… il faut vraiment être expert pour savoir à quel famille de thé appartient celui qu’on a envie de découvrir.

Je suis peut-être trop bête pour faire le lien entre le tableau et le reste, ou tout simplement pas assez concentrée. En tout cas je suis déçue parce que je n’ai pas appris grand chose en lisant ce livre (certes, ce n’est pas le but recherché mais si on pouvait allier l’utile (comment avoir le meilleur thé possible) à la culture, ça serait bien mieux).

Je sais bien que ce livre en particulier a une vertu plus “publicitaire” envers Mariage frères, mais je ne peux m’empêcher d’être un peu frustrée. Je me console en me disant qu’il existe une tonne de livres sur le thé, la cérémonie du thé, l’histoire du thé, la philosophie du thé, l’art de vivre du thé… et je pense bien en lire d’autres !

En tout cas maintenant j’essaie au moins de faire chauffer la tasse ou la théière avant de servir, et de regarder à peu près le temps d’infusion. Pour ce qui est de la température et le type de l’eau… on verra ça plus tard ! 😉

PS : je donne quand même des bons points pour toutes les illustrations, pour le papier, pour la typographie… bref l’objet livre en lui-même.

Published in: on 01/01/2013 at 9:35 PM  Comments (18)  
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