Un avion sans elle, Michel Bussi

J’ai vu un peu partout de très bonnes critiques sur ce polar et curieuse comme je suis, je n’ai pu m’empêcher de l’acheter.

Je ne vais pas vous faire mariner : je suis hyper déçue.

Peu importe l’histoire en fait. Certes ce polar fonctionne et est assez haletant, c’est un véritable page-turner. Mais pour moi ce n’est qu’un roman creux qui ne vous apporte rien qu’un moment d’évasion. Alors c’est évident que parfois c’est cela qu’on cherche dans un roman, mais j’avais lu tellement de bonnes critiques dans des endroits tellement divers et variés que j’étais persuadée que ce roman avait quelque chose en plus.

Eh bien non. C’est juste un page turner. Et il y a tellement de polars qui vous apporte quelque chose, qui vous apprend des choses, qui vous fait réfléchir, vous ouvre les yeux sur le monde… ou au pire qui vous étonne pour le retournement de situation.

Et ici, même pas. A la moitié du bouquin j’avais deviné la trame principale !!

Mais il y a bien d’autres choses qui m’ont énervé. A commencer par le nom du détective privé : Crédule Grand-Duc. Bon, l’auteur a le droit de se faire plaisir en inventant des noms ridicules pour ses personnages, mais quel besoin de faire dire trois fois à son détective ‘si je vous assure, Crédule c’est vraiment mon nom’ ?????? C’est aussi maladroit et ridicule que la trouvaille du nom…

Ensuite, ce fameux Crédule a laissé un cahier qui retrace les 18 ans de son enquête. Ce cahier est lu par Marc, un jeune homme de 20 ans, assez directement touché par la résolution de l’enquête. Nous lisons donc le cahier en même temps que lui, cahier qui est évidemment écrit à la manière d’un roman policier à lui tout seul… et évidemment Marc le lit dans le métro et doit toujours descendre au moment fatidique où il y aurait une révélation… Et encore une fois, Marc se fait la réflexion que c’est écrit à la manière d’un polar… Énoncer les maladresses ainsi ne fait que les amplifier. L’auteur croit peut-être que l’auto-ironie ou l’auto-critique a du bon, mais ici pour moi ça ne fonctionne pas.

Tout comme le contexte historique. On a le droit à la soirée de la victoire de la gauche en 81, à un match de foot lors de la coupe du monde en 86 et d’autres évènements du genre… C’est très bien de replacer les évènements dans leur contexte mais là, ça sonne faux. On a juste l’impression que l’auteur récite un texte…

Je suis désolée pour l’auteur et pour toutes les personnes qui ont aimé ce livre de le dénigrer autant parce que je le répète, c’est un polar qui fonctionne. J’ai tout lu avidemment et en deux soirées à peine, ça prouve bien que l’histoire nous tient en haleine. Mais encore une fois, je suis vraiment très énervée par cette lecture qui ne m’a strictement rien apporté.
Et ce n’est pas ce que je cherche dans mes lectures, surtout en ce moment.

Published in: on 24/06/2013 at 9:36 PM  Comments (16)  

Sur un lit de fleurs blanches, Patricia Parry

Cela fait très longtemps que j’ai envie de découvrir les polars de Patricia Parry… et je m’en veux d’avoir passé le cap seulement à l’annonce de cette triste nouvelle

Mais je confirme tout ce que j’avais déjà lu/vu/entendu sur ces romans : des polars historique/psychologique absolument géniaux. Tout coule de source, le suspens est haletant les personnages sont terriblement attachants.

Je crois que ça faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié un livre, et encore plus longtemps qu’un roman ne m’avait pas donné envie de lire encore et encore et encore.

En bref, je conseille vivement à toute personne qui aime le polar, qui a envie de découvrir le polar, qui a envie d’un roman passionnant, bien écrit, et qui nous apprend des choses sur un sujet bien spécifique (ici, la transfusion sanguine dans l’histoire de la médecine!)

Ah mais oui tiens au fait, de quoi ça parle me direz-vous ? Eh bien Clara Saint-James, catin renommée, se rend sur la tombe de l’homme qui l’entretenait… et découvre au cimetière du Père Lachaise le corps d’un jeune garçon égorgé, sur un lit de fleurs blanches…

 

Piège pour cendrillon, Sébastien Japrisot

Quand j’ai dit à un client que je venais de lire ce polar et que ça m’avait bluffée, il m’a répondu qu’il l’avait lu alors que je n’étais pas née. Une collègue, sur le point de partir à la retraite, m’a dit qu’elle avait lu ça quand elle avait mon âge…

Alors oui “Piège pour Cendrillon” est un grand classique du polar français, et du polar tout court. C’est simplement du vrai très, très bon roman noir.

D’ailleurs je me rends compte que c’est difficile de trouver du si bon dans les contemporains et j’en viens à me demander si je ne vais pas désormais lire que des auteurs dont le génie est avéré. Evidemment, je ne le ferai probablement pas. Soyons gentils avec les contemporains, on peut trouver de vrais pépites (la preuve un peu partout dans ce blog !).

Mais alors, “Piège pour cendrillon” c’est quoi ? A part un roman génial ? C’est l’histoire de Mi, Do et La, qui avait une marraine que l’on appelait Midola. C’est l’histoire de Mi et de Do. C’est l’histoire de celle qui est à la fois “la victime, l’enquêteur, le témoin et l’assassin”. C’est un tour de main extraordinaire sur les questions d’identité, de mémoire, d’héritage, de folie et d’amour, un peu oui un tout petit peu.

C’est un roman à lire absolument.

Une fin extraordinaire que, peut-être, Dennis Lehane avait en tête lorsqu’il a écrit Shutter Island… Comme quoi, nos contemporains n’inventent décidément jamais rien (excusez-moi, je suis en train de lire en ce moment ‘La pierre et le sabre’, je viendrais peut-être vous en parler, j’ai lu juste avant un sublime roman de Murakami dont j’adore le titre (au sud de la frontière à l’ouest du soleil) (pourtant Murakami est bien un contemporain, mais au génie déjà avéré ;-), du coup j’ai un passage à vide à propos de toutes ce qui est nouveauté, mais ça reviendra, sûrement !)

En attendant, si vous ne connaissez pas, découvrez Sébastien Japrisot, je vous assure que vous ne serez pas déçus ! Et si vous connaissez déjà, ça pourrait être le moment de le relire !

Published in: on 20/07/2012 at 8:51 PM  Comments (8)  

Le dernier lapon, Olivier Truc

Olivier Truc, avec son drôle de nom, nous offre ici un excellent polar pour la rentrée.

Dans “Le dernier lapon”, son premier roman (et quel roman ! Il y a tous les ingrédients pour faire une bonne recette, avec l’ingrédient magique, le fameux ‘truc’ justement qui fait que la recette est succulente…), l’auteur distille tous ces éléments qui font du très très bon polar : une enquête prenante, des héros attachants, des flics véreux, de la corruption, des problèmes politiques et surtout, l’insertion dans une certaine culture.

Parce que je crois que ce que j’ai préféré par dessus tout dans ce polar, c’est d’avoir voyagé intégralement dans l’univers de la Laponie et des problèmes, légendes et histoires de ses habitants : les samis.

Sans oublier bien-sûr tous les personnages que j’aimerais retrouver dans d’autres enquêtes : Klemet, trente ans d’expérience, d’origine sami mais ne pratiquant pas, Nina, jeune diplômée de l’école de police, n’ayant jamais vécu dans le grand Nord… Mais aussi les personnages secondaires, les habitants du village ou les personnes que notre couple de policier préféré rencontre tout au long de l’enquête…

La présentation de l’éditeur parle d’une plume “au style direct et vigoureux”. Je suis évidemment d’accord mais je trouve qu’il y a en plus un brin de poésie... Le livre commence le jour où le soleil refait son apparition après 40 jours de nuit totale… et pour 41 minutes seulement. Ca et les joïks des samis, leurs légendes, leur grande et petite histoire, le regard d’Aslak, le seul sami éleveur de rennes qui ne travaille pas avec les moyens modernes, le passé de nos héros, dont l’auteur ne fait que nous brosser les gros traits sans entrer dans les détails… Tout fait que O.Truc nous enchante et nous emmène loin dans le grand nord, à la recherche de ce tambour disparu…

Je l’ai déjà dit : “Le dernier lapon” est tout simplement un très bon polar.

A paraître le 13 septembre, notez bien la date et jetez-vous dessus !!

Lectures en vrac

J’ai beau avoir beaucoup lu dernièrement, je n’ai eu quasiment aucune envie de consacrer un billet à chaque livre lu. Pourtant, je n’ai pas non plus envie de les oublier.

“Le dit de Murasaki”, grâce à Yueyin dont le billet a eu raison de moi. Et j’ai bien fait d’écouter cette fausse raison, c’est un très beau roman qui donne évidemment envie de se plonger dans le dit du Genji mais là, je n’ai pas cédé à la tentation…

“Un cri d’amour au centre du monde” de Kyoichi Katayama. Une très belle histoire d’amour qui a résonné en moi tout le long de la lecture mais qui n’est maintenant qu’un simple souvenir, agréable, mais pas si fort.

“Le tribunal des âmes” de Donata Carisi. Un excellent polar, intéressant, bien ficelé, très humain… Pour plus de détails je vous renvoie vers les billets de Stéphie et Tamara

“Juste une ombre” de Karine Giebel. Une ou deux maladresses au départ mais au final un thriller psychologique assez oppressant. A découvrir, mais peut-être en poche car il me semble que je vais vite l’oublier…

Et un polar politico-écologique d’un auteur français qui dans la vie est mathématicien : “Le siècle bleu, ombres et lumières” de Jean-Pierre Goux, à paraître le 10 mai 2012.

Intéressant, peut-être un peu trop utopique et idéaliste, alarmiste mais néanmoins bien écrit, efficace et touchant du doigt les vrais problèmes concernant notre planète. Le hic ? Une fin un peu trop mystique et ésotérique à mon goût…

Encore d’autres lectures à venir, évidemment ! Même s’il n’est que pointillé, ce blog continue de vivre !

Mon frère est parti ce matin, Marcus Malte

Je ne suis pas une grande fan de nouvelles mais je suis une grande fan de Marcus Malte. Alors je n’ai pas hésiter une seule seconde à lire ce texte.

Un homme, Charles B., décide pour une raison inconnue de s’enfermer chez lui, pour toujours et survivra à ses besoins grâce à ses voisins qui lui apporteront tous les jours son pain quotidien ainsi que le journal. Charles B. vivra ainsi pendant 27 ans, et l’on retrouvera à sa mort des coupures de presse de faits divers macabres punaisées sur chaque parcelle de mur de sa maison.

Ainsi pendant 27 ans, Charles B. est resté enfermée chez lui et n’a fait que lire les faits divers, les découper et les coller au mur.

Marcus Malte a un don, une espèce de génie dans sa plume et dans ses idées qui font que, à chaque fois que je le lis, je suis complètement emportée.

Je trouve cette histoire absolument géniale. A la fois parce qu’on ne saura jamais vraiment pourquoi Charles B. a décidé de vivre ainsi du jour au lendemain, à la fois parce que les suppositions sont diverses, variées, drôles, justes, injustes, et surtout pour toute l’ampleur que prend ce fait divers qui se passe dans un village perdu au fin fond de la France…

En bref, avec une plume toujours aussi magique et un fait divers inhabituel, Marcus Malte nous emmène très loin…

Décidément, Marcus ne me décevra jamais ! D’ailleurs j’ai trouvé une interview très intéressante que vous pouvez lire ici, et qui mentionne quelques titres que je n’ai pas lu et dont je n’avais jamais entendu parler. Il va vite falloir que je me les procure !

Un billet avec lequel je suis entièrement d’accord (surtout le PS) chez cannibaleslecteurs, et un autre avis chez Cathe.

Published in: on 08/01/2012 at 5:07 PM  Comments (10)  

Adieu, Jacques Expert

La première raison pour laquelle j’ai lu ce livre c’est que les assassinats qui amorcent ce polar se situent dans une ville de banlieue parisienne très calme qui se trouve être là où j’habite. J’avais déjà été intriguée par le succès que Jacques Expert avait connu avec ces précédents romans, sans jamais me plonger dedans. Cette fois, j’avais une bonne raison !

Et je dois vous avouer une chose, qui s’avère être ma conclusion en fait : je trouve le tout très moyen.

L’idée de départ n’est pas forcément hyper originale : une série de meurtres est commis, un commissaire, Hervé Langelier, est persuadé que sa théorie est la seule qui tienne la route et, envers et contre tous, il va se démener pour prouver qu’il a raison. A tel point qu’il va perdre sa famille, tous ses amis, le respect de la plupart de ses collègues et surtout de ses supérieurs…

En rapport avec la trame elle même, je n’y ai rien trouvé de très intéressant. Au départ si, puisque Hervé est marié, trois enfants et, contrairement à n’importe quel flic qui se respecte, est heureux dans sa famille. Mais très rapidement il sombre dans une espèce de folie et devient alors comme n’importe quel flic : négligé, qui boit trop et qui  ne parle plus à sa famille…

De plus, la deuxième partie du récit devient vite très répétitive…

Et puis honnêtement, la solution de l’enquête m’est apparu comme une évidence dès l’ouverture du livre, ou presque.

Alors certes, il y a bien un petit élément qui diverge, et un épilogue qui m’a légèrement surprise (mais pas au point d’y voir un revirement de situation génial qui aurait totalement modifié mon avis) mais globalement, j’ai trouvé le tout très moyen.

Là où, par contre, je vais m’insurger, ce sont sur des détails, qui passent peut-être inaperçus à d’autres yeux mais qui pour moi sont flagrants car, comme je vous le disais, j’habite dans cette ville paisible de banlieue parisienne dans laquelle commencent les crimes… Des détails qui prouvent que l’auteur fait mal son travail de recherche et que les correcteurs peuvent aussi être remis en faute ! (au moins pour un détail…)

Lesquels ? Eh bien Jacques Expert situe une gare dans cette ville, or il n’y en a pas. Il y a bien un RER par loin mais c’est dans une ville limitrophe. Ensuite, une des victimes travaillait chez Bouygues Telecom, également dans une ville limitrophe et l’auteur situe cette ville dans les Hauts-de-seine, comme la ville où il habite, or, cette ville se situe dans un autre département !!!!!!! Et ça, il suffit de taper le nom de la ville sur Internet pour s’en rendre compte… Ensuite, une des victimes avait pour habitude d’aller dans un hôtel également dans une autre ville limitrophe, cet hôtel existe bien (ceci dit ça m’étonnerait qu’il y ait un portier dans ce genre d’hôtel mais là, j’avoue que je ne suis pas sûre de moi…) et est bien accolé à un Hippopotamus. Or, quelques pages avant, Expert situe l’hôtel dans la bonne ville, mais l’Hippo dans la ZI de la ville où travaillait le gars (dans l’autre département, vous me suivez ?). Donc non seulement il se plante une première fois sur l’emplacement du restaurant, mais il se contredit 3 pages après pour mettre le restaurant au bon emplacement !

Alors voilà c’était peut-être un paragraphe inutile et barbant pour la plupart d’entre vous, mais tous ces menus détails sont pour moi la preuve que l’auteur fait mal son travail de recherche et là, pour moi, c’est très mauvais pour la suite…

Mais comme j’aime toujours laisser une chance aux auteurs avant de dire “non je n’aime pas”, peut-être qu’un jour, je lirai un de ces précédents romans, sortis en poche depuis le temps…

D’autres avis : trhillermaniac (qui ne l’a pas lâché), Marine (qui rejoint plutôt mon avis)

Published in: on 11/11/2011 at 9:34 AM  Comments (12)  

Vertige, Franck Thilliez

Les polars ne sont pas à proprement parler inclus dans la rentrée littéraire. Mais il s’agit ici de Franck Thilliez, qui nous offre un nouveau polar à paraître le 13 octobre, et comme on aime Franck Thilliez et que, techniquement, octobre c’est encore la rentrée littéraire, je ne vois pas pourquoi il n’aurait pas sa place dans cette semaine pré-rentrée ! 🙂

Il s’agit ici d’un “hors-série”, comme j’aime à appeler les polars qui ne reprennent pas les enquêtes des personnages récurrents de nos auteurs de polar préférés. Nous avions laissé Lucie Hennebelle et Franck Sharko dans l’excellent Gataca, et je suis sûre qu’ils reviendront en temps voulu.

Jonathan Touvier, ancien alpiniste, mariée à Françoise, atteinte d’une leucémie, père de Claire, 19 ans, en stage en Turquie, se réveille un matin dans un endroit pour le moins étrange. Cela ressemble à un glacier. Il est attaché par la cheville.  De l’autre côté d’une ligne rouge, un homme, qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam qui n’est pas enchaîné mais porte un masque de fer. Une lettre gît à leurs pieds : s’ils s’éloignent de plus de 50 mètres, l’homme au masque de fer va exploser. Un troisième homme, un jeune arabe, attaché lui aussi par le poignet, se réveille non loin d’eux. Dans le dos de chacun d’entre eux, une phrase : “Qui sera le voleur ?”, “Qui sera le menteur ?”, “Qui sera le tueur ?”

Ils trouvent deux oranges, deux paires de chaussettes, deux duvets… mais ils sont trois.

Voilà une intrigue pour le moins originale !!! Pendant plus de la moitié de ce thriller haletant, on est complètement mené par le bout du nez et nous n’avons aucune idée d’où Franck Thilliez peut bien nous amener. Au fur et à mesure, on comprend que chacun de ces hommes cache un secret, et que c’est peut-être la raison pour laquelle ils sont là, bien qu’aucun d’entre eux ne se connaissent, a priori…

Je n’en dirai pas plus, ça vous gâcherait forcément le plaisir.

C’est un bon polar, qui fonctionne bien. J’ai bien aimé la fin qui prouve que l’auteur s’est vraiment joué de nous. Une fin aussi que l’on peut presque interpréter chacun à sa façon… Le scénario est bien trouvé, et comme je le disais au départ, c’est original et plutôt glacial, et glaçant !

Mais bizarrement, je n’ai pas pris autant de plaisir à ma lecture que les précédents romans de Thilliez. Pour moi donc, pas le meilleur Thilliez, mais Thilliez est toujours bon. Il me reste encore des anciens millésimes à lire, je suis sûre que ceux-là seront (étaient?) de très bons crus !

Published in: on 13/08/2011 at 6:22 AM  Comments (14)  

La mort des rêves, Do Raze

La dernière fois que j’ai lu un livre parce que j’en avais lu une excellente critique dans un magazine qui passait par là, c’était “Les falsificateurs” de Antoine Bello. J’avais été enchantée par cette lecture. Alors quand j’ai lu dans un magazine qui passait par là un article sur un livre qui a attiré mon attention, je me suis dit “pourquoi pas”. Le livre n’ayant rien en commun avec Antoine Bello, je précise si parfois vous étiez amené à vous poser la question…

C’est bel et bien le résumé qui m’a intéressé : Do Raze a inventé une société, un futur qui ressemble furieusement à aujourd’hui, où chacun rêve de sa propre mort, toutes les nuits, sans jamais pour autant savoir quand celle-ci se produira. Personne ne rêve de rien d’autre que de sa propre mort, s’en souvenant toutes les nuits… C’est arrivé du jour au lendemain quand notre héros, Samuel Ferret, flic à la criminelle, avait 12 ans. Il saute d’un toit chaque nuit depuis vingt ans.

Alors quand on découvre le corps d’Alexandre Grand, un scientifique qui travaillait justement sur le Rêve, tué par balle, tout le monde s’affole : il devait mourir d’une embolie pulmonaire.

Comment est-ce possible ?

Samuel ne va pas chercher l’assassin, elle est là, sur la scène du crime, le pistolet à la main, attendant qu’on l’emmène : sa compagne Anna, avec qui il coulait des jours heureux. Samuel cherche donc à savoir pourquoi, jusqu’à ce qu’on lui retire l’affaire…

Voilà pour moi un pitch original et excellent !

La façon de faire l’est moins. Il y a les bons ingrédients mais la sauce n’a pas prise. Samuel est un flic ayant eu quelques soucis dans son enfance, du coup il est solitaire, boit peut être un peu trop et “baise” (excusez moi l’expression mais c’est la seule juste) régulièrement sa voisine du dessus. Aucune attache à part un petit frère, Gabriel, trisomique. Samuel est donc pour moi un flic tout ce qu’il y a de plus clichés dans l’univers de la littérature policière. Il n’a pas beaucoup d’épaisseur et je pense que son personnage aurait pu être beaucoup plus fouillé.

Autre cliché : on lui enlève l’enquête, prise en charge par les services secrets mais rien n’y fait, Samuel va devenir un hors-la-loi car il tient absolument à avoir réponse à ses questions. Pourquoi ? Cela a un lien avec son frère cadet… Double cliché donc, l’affaire n’est plus une question de travail mais une question personnelle…

L’écriture aussi m’a semblé un peu plate. Des faits, rien que des faits. Quelques pensées tout de même puisque Samuel est notre narrateur mais rien d’extraordinaire. J’ai même été choquée quand, à la fin d’un chapitre il y a écrit “Il était 18h18. C’est à ce moment-là que tout bascula”, et qu’au chapitre suivant, c’est-à-dire à la page d’après, on sait pourquoi tout a basculé. Je m’attendais à avoir un chapitre totalement autre qui augmenterai la tension. Certes, la narration n’étant pas du tout alterné, je ne sais pas comment l’auteure s’y serait pris pour justifier cela. Elle a bien essayé dans les premières lignes de faire monter la tension mais ce n’était pas suffisamment long à mon goût…

Mais sinon, j’ai vraiment apprécié le sujet de ce roman. La nature des rêves, la mort, l’inconscient, tout cela sont des sujets qui m’intéressent. De plus, avec mes récentes lectures sur le cerveau, j’ai senti comme une espèce de continuité ! Et je trouve que l’idée finale émise par l’auteure n’est pas bête du tout…

“La mort des rêves” est le premier roman de Do Raze. Ca se sent. Elle a tout de même reçu le prix du premier roman du festival de Beaune et quelque part, je pense que c’est mérité parce qu’il y a vraiment de l’idée là-dedans. Et si Do Raze écrit un deuxième polar un jour, j’y jetterai probablement un coup d’oeil.

Après tout, les ingrédients sont là, il faut juste trouver la bonne recette 😉

Le billet de Claude Le Nocher, plus emballé que moi.

Published in: on 24/07/2011 at 8:10 PM  Comments (2)  

En vrac …

Récemment j’ai lu quelques livres. Etonnant, n’est ce pas ?

Je n’en ai pas parlé pour des raisons diverses : pas le temps, pas envie, envie de lire plutôt que de blogguer… Bref. Pourtant il y avait de très bonnes choses dans ce que j’ai lu, et d’autres moins bonnes, alors me voici me voilà pour vous en parler rapidement.

L’armée furieuse” de Fred Vargas.

Je ne suis pas une adepte d’Adamsberg et une fan de Vargas. J’ai lu “Pars vite et reviens tard” que j’avais beaucoup aimé. J’ai apprécié ma lecture de l’armée furieuse mais j’avoue ne pas avoir été totalement enchantée. Je crois que pour aimer Adamsberg, il faut le connaître. Parce qu’en fait, il m’a plus énervée qu’autre chose. J’ai vraiment eu le sentiment de rater quelque chose à ne pas l’avoir vu évoluer. “L’armée furieuse” reste un bon polar mais je pense qu’un avis d’un ou d’une inconditionnelle est nécessaire !!

Les vestiges de l’aube” de David S.Khara.

A vrai dire, vous pouvez lire tout le bien (hum hum…) que j’en ai pensé dans un commentaire que j’ai posté chez Stephie. Et du coup, ça m’évite de vous faire un résumé 🙂 Je vais quand même essayer de ne pas être si feignante : à New York, en 2005 un flic qui a tout perdu lors des attentats du 11 septembre revient peu à peu à la vie sociale grâce à Internet et à sa correspondance avec un certain Werner. Le dit Werner étant un fait un vampire !

Bon, j’ai lu ce polar par pur curiosité professionnelle : le premier “Le projet Bleiberg” avait eu de très bonnes critiques. Il est édité chez un tout petit éditeur et le deuxième se retrouve donc chez Michel Lafon, belle promotion pour l’auteur. Curieuse donc, de voir ce qu’il y a de si génial là dedans.

Eh bien ma curiosité n’est pas vraiment rassasiée, je n’ai toujours pas compris ce qu’il y avait de génial là dedans. Le vampire ? Bof, ça ne m’enchante pas des masses. L’écriture ? Pour moi elle est basico-basique. Le suspens ? Ce n’est pas franchement ce qui tient le plus en haleine. Les personnages ? Oui, peut-être… Le seul côté positif que je trouve à ce polar sont les personnages plutôt attachants et pour qui on a facilement de l’empathie, même pour le vampire. Mais bon, ça fait maigre pour un auteur encensé par la critique…

Le convoi de l’eau” de Yoshimura.

Voilà une vraie petite perle !!! J’en avais beaucoup entendu parler, mes collègues ayant beaucoup aimé. Je l’ai ouvert sans trop savoir de quoi il s’agissait. Bêtement, japonais rimait pour moi avec Ogawa et je m’attendais un peu à la même magie… Que nenni !!!

On se retrouve en pleine montagne, avec une équipe de travailleurs qui viennent créer un lac de retenue d’eau au milieu d’un village trouvé là par hasard lors de la seconde guerre mondiale. Le narrateur est un homme qui fuit… Au comprendra au fur et à mesure qu’il fuit quelque chose qui se trouve plutôt à l’intérieur de lui. En effet, cet homme a tué sa femme l’ayant surpris avec son amant. Après avoir fait de la prison, il est allé profané sa tombe et se promène avec les os de ses orteils dans une boîte au fond de son sac… Pendant les travaux, toute l’équipe co-habitera avec les habitants du village qui, évidemment, ne connaissent rien d’autre que la forêt qui les entoure. Tant que les ouvriers et les villageois ne se parlent pas, tout va bien. Mais certains évènements vont chambouler la vie du village (ne parlons pas du fait que le lac de retenue les chasse du seul lieu de vie qu’ils connaissent), et chambouler donc également notre narrateur pour qui on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine empathie.

Un petit roman à la fois doux et glauque, étrange et clair. Un petit roman japonais qu’on ne lâche pas et dans lequel on aimerait bien retourner se perdre…

C’est tout pour les livres lus !

J’ai recommencé mon Marathon-Wallander puisque le deuxième tome de l’intégrale vient de sortir ! C’est étrange d’ailleurs parce que je me souviens avoir adoré “La lionne blanche“, le n°3 de la série mais en fait je ne me souvenais pas du tout de ce qu’il se passait dans la vie de notre cher commissaire !

Et puis un autre livre est venu se mettre en travers de mon chemin et je n’ai pas pu résister… Et quand je dis qu’il est venu se mettre dans mon chemin, je ne vous mens pas : mon chéri est rentré avec en me disant qu’il devait le rendre dans une semaine… Il s’agit du prochain livre de Carole Martinez (l’auteure de l’excellentissime “Le coeur cousu”), à paraître chez Gallimard pour la rentrée littéraire… (je n’ai pas la date exacte mais je vais me renseigner). Pour l’instant, je trouve ça tout autant magique…

Alors à bientôt pour vous parler de Kurt, et de Esclarmonde (j’attendrai peut être le jour de la sortie pour publier mon billet mais rien n’est sûr!!)