Le dernier lapon, Olivier Truc

Olivier Truc, avec son drôle de nom, nous offre ici un excellent polar pour la rentrée.

Dans “Le dernier lapon”, son premier roman (et quel roman ! Il y a tous les ingrédients pour faire une bonne recette, avec l’ingrédient magique, le fameux ‘truc’ justement qui fait que la recette est succulente…), l’auteur distille tous ces éléments qui font du très très bon polar : une enquête prenante, des héros attachants, des flics véreux, de la corruption, des problèmes politiques et surtout, l’insertion dans une certaine culture.

Parce que je crois que ce que j’ai préféré par dessus tout dans ce polar, c’est d’avoir voyagé intégralement dans l’univers de la Laponie et des problèmes, légendes et histoires de ses habitants : les samis.

Sans oublier bien-sûr tous les personnages que j’aimerais retrouver dans d’autres enquêtes : Klemet, trente ans d’expérience, d’origine sami mais ne pratiquant pas, Nina, jeune diplômée de l’école de police, n’ayant jamais vécu dans le grand Nord… Mais aussi les personnages secondaires, les habitants du village ou les personnes que notre couple de policier préféré rencontre tout au long de l’enquête…

La présentation de l’éditeur parle d’une plume “au style direct et vigoureux”. Je suis évidemment d’accord mais je trouve qu’il y a en plus un brin de poésie... Le livre commence le jour où le soleil refait son apparition après 40 jours de nuit totale… et pour 41 minutes seulement. Ca et les joïks des samis, leurs légendes, leur grande et petite histoire, le regard d’Aslak, le seul sami éleveur de rennes qui ne travaille pas avec les moyens modernes, le passé de nos héros, dont l’auteur ne fait que nous brosser les gros traits sans entrer dans les détails… Tout fait que O.Truc nous enchante et nous emmène loin dans le grand nord, à la recherche de ce tambour disparu…

Je l’ai déjà dit : “Le dernier lapon” est tout simplement un très bon polar.

A paraître le 13 septembre, notez bien la date et jetez-vous dessus !!

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Printemps, Mons Kallentoft

Voici la 4è, (et non la dernière comme on pouvait s’y attendre) aventure de Malin Fors, commissaire, mère célibataire et ex-alcoolique de la petite ville de Linköping. J’avais été très déçue par “Automne”, mais comme Mons Kallentoft a eu la bonne idée de laisser une enquête, et des secrets, en suspens parmi toute la série, je ne pouvais faire autrement que lire “Printemps”.

Une bombe explose en plein centre de Linköping, à l’entrée d’une banque, semant la panique, blessant gravement plusieurs personnes et tuant deux jumelles de six ans… Qui a bien pu faire ça ? Est-ce que d’autres bombes vont exploser ailleurs ? Et pourquoi seules ces deux fillettes ont été atrocement exécutées ?

J’ai trouvé que “Printemps” était un excellent polar. Avec peut être quelques défauts, mais dans lequel j’ai pris un immense plaisir à retrouver Malin et ses collègues, Malin et sa fille, ainsi que les parents de Malin. En efft, sa mère est décédée, et son père revient pour l’enterrement, ne sachant pas s’il va rester vivre en Suède ou retourner vivre à Ténérife. Mais Malin sait que le moment de dévoiler les secrets qui l’ont hantés toute sa vie est venu…

La fille de Malin prend son envol. L’ex-mari de Malin aussi. Malin a arrêté de boire et bien que l’envie lui reprenne régulièrement, elle se prend en main et elle communique avec sa fille, avec son père, avec ses collègues bien sûr.

Disons que pour le côté personnel de cette série, j’ai vraiment apprécié les évolutions prises par les uns et les autres.

Passons maintenant à l’enquête elle-même. J’ai été surprise par un élément crucial de la fin, pas forcément par la fin elle-même qui se laisse deviner au fur et à mesure que l’enquête avance. Mais cet élément de surprise a renfloué mon impression positive de cet opus. L’enquête est ceci dit bien menée, même si au final elle reste classique. Enfin si je peux utiliser ce terme dans une série où “les voix” parlent à Malin. Souvenez-vous, c’est ce qui fait l’originalité de cette série. Nous lecteurs, lisons la voix du mort, sans que le récit en devienne fantastique. Mais au fur et à mesure des saisons, Malin est celle qui entend les voix, qui écoute les voix et qui, suivant son instinct, arrive toujours à faire avancer l’enquête vers le bon chemin…

C’est peut-être un peu décevant mais au final, c’est plutôt bien fait. Encore une fois, on ne tombe pas vraiment dans le fantastique. Je crois que ça représente surtout une espèce d’instinct, qui serait ici soit l’instinct du super flic, soit l’instinct féminin ! 😉 En même temps, j’ai retrouvé la verve suédoise du célèbre couple Sjöwhall & Whalöö ou encore celle de Mankell car Malin n’a rien d’une super héros. Elle a besoin de dormir et ne s’en prive pas, elle a besoin de sexe et se satisfait elle même, elle a besoin d’alcool et trouve des remèdes pour s’empêcher d’y retomber…

Ce “printemps” suédois dénonce clairement la crise financière, les banques, les riches, les gens qui s’en mettent plein dans les poches au détriment de tout et de tout le monde. Même si ce n’est pas subtil du tout, ce n’est pas grave. J’aime bien ce côté “dénonciation de notre société” que nous n’avions pas encore trouvé dans la série de Mons Kallentoft. (Surtout que l’auteur ne dénonce pas que ça, l’enquête partant dans tous les sens au départ : les groupes extrêmistes religieux (les islamistes étant les premiers auxquels tout le monde pense dès qu’une bombe a explosée), les gangs des motards, et puis d’autres sujets sont abordés, même rapidement : les sdf et drogués à la capitale, l’adoption…)

En attendant la “Cinquième saison”, “Printemps” est pour moi probablement le meilleur opus de la série (malgré cette couverture que je trouve affreuse…)

L’avis de Mara, qui pointe à juste titre que pour une fois, la saison n’est pas si présente. Et ce n’est peut-être pas plus mal…

traduit du suédois par Frédéric Fourreau

Published in: on 27/09/2011 at 9:19 AM  Comments (6)  

La cinquième femme, Henning Mankell

Je continue doucement, mais sûrement, les aventures de Kurt Wallender. Et je dois dire que j’apprécie toujours autant !

Un jeune homme qui livre régulièrement du fioul à un homme de 80 ans, solitaire vient signaler sa disparition. Kurt le retrouvera sur ses terres, empalé sur des pieux de bambou…

Wallender et son équipe, avec la nouvelle recrue Ann-Britt et leur nouveau chef, Lisa Holgersson, mène donc l’enquête qui risque d’être longue et difficile : le mort n’avait pas de famille, pas d’amis, vivait dans une ferme très isolée… Et puis une autre disparition est signalée…

Encore une fois, j’ai trouvé ce polar tout simplement parfait. Ce n’est pas un chef d’oeuvre, ce n’est pas très original en soi mais tout est bien ficelé, les personnages sont bien campés, Henning Mankell dénonce pas mal de choses, notamment la violence faite aux femmes, le manque de moyen de la police suédoise, la hausse du taux de criminalité, ou peut-être le fait que le crime, la violence et le mal sont différents aujourd’hui d’hier…

Je dis “aujourd’hui” mais ce polar a été écrit dans les années 90 et se déroule en 1994. Pourtant, à part le fait que certains policiers ne savent pas encore très bien se servir d’un ordinateur et qu’ils se servent beaucoup du fax, tout pourrait se passer aujourd’hui, 15 ans plus tard. Cela est très certainement dû au fait que beaucoup d’auteurs de polars nordiques se sont inspirés de Mankell, un grand du polar suédois qui s’est lui même largement inspiré du couple Sjöwall & Wahlöö (on sent encore bien la verve avec tous ces policiers enrhumés, fatigués, qui ne supporte pas de sortir de leur ville etc.)

J’ai également aimé retrouvé Wallender et son entourage familial, même si j’ai toujours un peu de mal à comprendre ces êtres plus solitaires que solidaires. Mais avec le temps, les choses changent. Et après 6 romans, j’ai vraiment le sentiment de connaître Kurt, ses habitudes, ses envies, ses peurs, ses doutes…

Par rapport à l’intrigue elle-même, comme je l’ai dit plus haut, elle est pour moi très bien ficelée. A force de lire des polars, et du Mankell, j’ai bien vu quelques indices rapidement et si je connaissais pas l’identité de l’assassin, je savais tout de même qui il était et j’ai bien compris pourquoi. Les indices ne me paraissent pas si flous que ça d’ailleurs dans cet épisode-là mais nous lecteurs avons beaucoup plus d’outils à notre disposition que l’équipe de Kurt Wallender ! J’ai même senti mon pouls s’accélérer vers la fin, quand les choses bougent vraiment et qu’ils sont sur le point de…

Excellente manière de rebondir sur le fait que j’ai lu “La cinquième femme” en édition .2 !!

J’avais essayé à la sortie de cette nouvelle collection, sans succès. Mais je dois dire que j’ai trouvé un excellent argument de vente, mais pour un public relativement restreint. Si vous avez mal au dos, aux jambes, aux reins… ou si comme moi, votre ventre s’arrondit depuis 7 mois et des poussières, et que vous avez besoin de changer de position toutes les trente secondes, le .2 est fait pour vous ! Son poids, hyper léger, vous permet en effet de lire dans n’importe quelle position et avec une seule main ! (Je déplore par contre toujours son prix, et les pages en papier bible qui sont difficiles à tourner sans en prendre 2 voire 3 d’un coup…)

D’autres avis : Polarnoir, Pélie, à l’ombre du polar, et sûrement beaucoup d’autres, n’hésitez pas à mettre vos liens dans les commentaires.

traduit du suédois par Anna Gibson

Published in: on 02/09/2011 at 6:10 AM  Comments (3)  

Hypothermie, Arnaldur Indridason

A défaut de continuer mon marathon Wallender (ne me demandez pas pourquoi, je n’avais juste pas envie !), je reste quand même dans l’ambiance nordique avec “Hypothermie”, les dernières aventures de Erlendur sorties en poche. (Pour ceux qui suivent, “La rivière noire” est le vrai dernier sorti, mais pas en poche!)

J’avais beau avoir moyennement aimé le précédent, quand on aime, on passe totalement outre ! Surtout un an après… Surtout que je me rends compte que si j’ai moins aimé le précédent, c’est qu’il était bien trop réaliste. En tant que polar, c’était un grand cru ! 😉

Revenons-en donc au cru poche 2011 :

Maria s’est suicidée. Même si elle allait mal depuis la mort de sa mère, elle n’en était pas non plus à ce point là. Karen, sa meilleure amie, refuse donc de croire qu’il s’agit d’un suicide et va trouver Erlendur avec une cassette audio… Comme Erlendur est obnubilé par les disparitions (rappelez vous qu’il a perdu son frère dans une tempête étant enfant et qu’on ne l’a jamais retrouvé…), et que, étrangement, il ne se passe pas grand chose au commissariat, il décide de faire cavalier seul et mène sa propre enquête officieuse… qui l’amènera en même temps à se repencher sur des dossiers clos depuis des années : une jeune femme et un jeune homme ayant tous deux disparus sans que ni l’entourage, ni la police ne parviennent à expliquer le pourquoi du comment.

Que dire ?

Un bon petit polar nordique. Rien d’exceptionnel. Rien d’étonnant. Mais un bon moment de lecture. Un Erlendur qu’on aime voir évoluer, surtout dans sa relation avec ses enfants. Des histoires de fantômes, un peu, mais pas comme on l’entend. Une lecture sympathique et agréable.

En bref, comme dirait Pierre Faverolle, une bonne idée de lecture pour le week end. Cuné, chez qui vous trouverez une foule d’autres liens, a particulièrement aimé.

Traduit de l’islandais par Eric Boury

 

Published in: on 19/06/2011 at 9:03 PM  Comments (10)  

Le guerrier solitaire, Henning Mankell

Quatrième roman de la série des Wallander, “Le guerrier solitaire” n’échappe pas à la règle : c’est un très très bon polar.

La construction reste principalement la même : un prologue qui n’a, a priori, rien à voir avec le reste. Mankell déloge cependant à sa construction de base en offrant également un épilogue, qui est le bienvenu car l’enquête s’arrête un peu brutalement.

Pour en revenir aux faits :

Le commissariat d’Ystad reçoit un appel étrange d’un vieil homme : une jeune fille se cache dans son champ de colza. Personne d’autres n’étant disponible, Wallender s’y rend. Il aperçoit la jeune fille qui n’a pas l’air de parler un mot de suédois, ni d’anglais. Elle a surtout l’air totalement apeurée et terrorisée. Quand Wallender essaie de s’approcher, elle s’arrose d’essence et allume un briquet…

Alors que Kurt essaie de savoir qui est cette jeune fille, le commissariat reçoit un autre appel, d’autant plus urgent : Gustaf Wetterstedt, ancien ministre de la Justice, a été retrouvé mort non loin de chez lui. Il a vraisemblablement reçu un coup de hache et a de plus, été scalpé.

Kurt, Ann Britt et les autres sont alors plongé dans une enquête fastidieuse qui s’avère très vite être une enquête de meurtres en série…

Comme d’habitude, tous les bons ingrédients des excellents polars de Mankell sont réunis : une intrigue qui tient la route, très bien ficelée et au suspens haletant. Des personnages qu’on aime de plus en plus, notamment Kurt qui ne cesse de se poser des questions sur le monde qui l’entoure, tout en essayant de s’occuper de son père, de profiter de sa fille et de maintenir une relation à distance avec Baiba. Ainsi que les détails qui rendent tous ces policiers vraiment humain : ils partent souvent du commissariat sans dire où ils vont, ils prennent des coups de soleil, leurs enfants ont des angines ou des accidents de voiture (rien de grave je vous rassure ;-))…

J’ai particulièrement aimé ce côté meurtres en série, qu’on connaît bien aujourd’hui mais qui est une vraie nouveauté pour les policiers de la petite ville d’Ystad. D’ailleurs, ils sont obligés de faire venir un expert en psychologie criminelle pour essayer de déterminer le profil du tueur.

Ça et l’éternel questionnement de Kurt Wallender sur l’évolution de la société, l’évolution du rôle de la police, l’évolution du rôle des femmes dans le monde du travail… Ainsi que tout ce que dénonce cette enquête : la violence sexuelle, l’abus de mineure, le recel d’œuvre d’art, sans que les coupables ne soient jamais arrêté autrement que par un guerrier solitaire…

En bref, il pourrait s’agir d’un très bon polar que l’on pourrait qualifier de “classique” car, comme je le disais plus haut, tous les bons ingrédients sont réunis. Mais il y a la touche secrète de Mankell qui fait que la recette est exceptionnellement bonne. A commencer par se rappeler que les polars “classique” d’aujourd’hui se sont tous un peu inspirés de Mankell (et sûrement d’autres, mais ceux là je ne les ai pas encore lu ;-)). Sans oublier que Mankell, lui, s’est très largement inspiré de Sjöwall & Wahlöö.

Un avis chez polarnoir, chez AngelinaJeLis, chez Mr K de cafardsathome (pas très convaincu), chez Corboland78 (déçu également)

traduit du suédois par Christofer Bjurström

Published in: on 07/06/2011 at 6:47 AM  Comments (5)  

L’homme qui souriait, Henning Mankell

Comme je vous le disais dans le billet précédent, la sortie du deuxième opus de l’intégrale de la série Wallender me permet de recommencer, avec plaisir, mon espèce de marathon-Wallender.

Je ne m’en souvenais pas vraiment mais nous avions laissé notre très cher Kurt au plus mal. Dans son enquête précédente, il a tué un homme. En légitime défense, certes, mais cela l’a tellement perturbé qu’il s’est mis en arrêt de travail, pendant plus d’un an et qu’il a passé ce temps là à boire et à errer sur une plage au Danemark.

C’est dans ces moments d’errements qu’un avocat et ami vient lui demander son aide : son père est mort d’un accident de voiture quelques jours plus tôt mais lui ne pense pas que ça soit un accident. Kurt ayant décidé de donner sa démission, il refuse de l’aider. Mais quelques jours après, une fois rentré à Ystad, il lit dans les journaux que son ami a également été retrouvé mort dans son bureau et cette fois, il est clair qu’il ne s’agit pas d’un accident.

Kurt reprend alors sa place au commissariat et c’est avec un grand plaisir que nous plongeons avec lui dans cette enquête.

Il n’y a rien à dire, ou presque. Encore une fois, Henning Mankell nous a écrit un polar tout simplement parfait. Ou presque. Forcément, c’est difficile d’être “parfait” 😉

Pour être honnête, j’ai simplement trouvé que la chute est trop rapide. Et encore, je dis “chute” mais il n’y a pas vraiment de chute. Kurt soupçonne un riche industriel très respecté en Suède. Grâce au prologue (habile construction!), nous savons qu’il a probablement raison. Mais il y a beaucoup de détails sur les affaires de cet homme qui sont complètement passés à l’as. Alors certes, trop de détails financiers, économiques et industriels auraient pu être ennuyeux.

Mais ici il n’y a tout simplement rien du tout. Et j’ai trouvé ça bien dommage.

Ceci dit, il y a bien d’autres choses dans ce polar : la dénonciation des entreprises privés qui contrôlent beaucoup trop de choses de notre monde (en 1994!), la différence des générations ainsi que le statut homme/femme difficile à gérer dans la vie professionnelle (une jeune et nouvelle collègue est arrivé pendant l’absence de Wallender, elle est douée mais les hommes de la brigade ne l’encouragent pas tous…), et bien sûr les difficultés de communication familiale… (entre Kurt et son père et Kurt et sa fille, c’est toute une histoire!)

Mais au final, ce n’est qu’un détail. Le polar en lui même est excellent. Comme les trois précédents et très certainement comme les suivants !

traduit du suédois par Anna Gibson

Tout plein d’avis sur la blogosphère : chez polarnoir, entre23hetminuit, lecture-ecriture, leventsombre… et sûrement plein d’autres ! N’hésitez pas à mettre vos liens dans les commentaires (même s’il s’agit d’un autre Mankell/Wallender!)

Published in: on 02/06/2011 at 7:34 PM  Comments (13)  

Automne, Mons Kallentoft

Après “Hiver” et “Eté’, nous avions quitté Malin et Tove qui avaient vécu le pire. Malin a voulu se remettre avec le père de Tove, Jan, pompier. Et alors que Malin essaye de vivre ainsi et qu’elle boit, un peu, beaucoup et beaucoup trop, Jerry Petersson, est retrouvé mort dans les douves du château qu’il venait de racheter à la famille Fagelsjö. Une famille de nobles. Petersson riche avocat parvenu était détesté par majoritairement tout le monde… ce qui lui fait beaucoup d’ennemis. D’ailleurs, l’enquête emmènera Malin jusqu’à Ténérife, où habite ses parents qu’elle n’a pas vu depuis trois ans…

Encore une fois, cette suite m’a déçue ! Et puis j’ai été complètement happée. Et puis de nouveau j’ai été déçue. Mais je sais que je lirai “Printemps”, à paraître en septembre.

Pourquoi ?

Première déception : c’est très long à démarrer. Enfin, soixante pages environ, ce n’est pas si long mais pendant ces soixante premières pages, Mons Kallentoft plante son décor et passe d’un personnage à un autre, aussi bien du meurtrier dont on ne connait évidemment pas l’identité, à absolument tous les collègues de Malin, en passant par la future victime… Il passe également d’une époque à une autre et du coup, c’est un peu difficile à suivre.

Mais heureusement, vers la page 60 donc, Jerry est retrouvé mort et l’enquête commence. Malin boit de plus en plus, elle incapable de montrer à sa fille qu’elle l’aime et veut la protéger mais elle incapable ne serait-ce que de lui dire qu’elle lui manque. Ce genre de personnage a tendance à m’horripiler. Cette fois, peut-être parce que c’est une femme, elle m’a plutôt fait pitié et j’avais vraiment envie de la secouer.

L’enquête avance doucement mais sûrement, le suspens augmente petit à petit…

et puis tout est retombé.

Parce que Malin boit tellement qu’elle entend des voix, rêve de petit garçon aux cheveux longs (à savoir qu’un de suspects à les cheveux longs)… Pour ceux qui ont lu les premiers de la série, l’originalité de ces polars suédois sont justement la voix des morts. De nombreux paragraphes en italiques sont la voix du mort, que personne n’entend. Qui nous donne des indices à nous lecteurs, mais à personne d’autres. Pas de dimensions fantastiques, pas de fantômes. Juste un personnage à part entière, et c’est bien normal puisqu’il s’agit de la victime ! Sauf que cette fois, il faut croire que l’auteur a voulu donner une raison à cela. (Pour moi, le simple fait de montrer ainsi qu’on croit en une vie après la mort était largement suffisant, et même plutôt joli.) Et donc, il est fortement suggéré que Malin, et parfois même d’autres personnes, entendent les voix des morts.

Et j’ai trouvé ça vraiment dommage.

Surtout que les soixante dernières pages rappellent fortement les soixante premières : beaucoup trop de passages d’un personnage à un autre et d’une époque à une autre. A y perdre les pédales donc !

Mais l’auteur a tout de même distillé des informations sur la vie privée de Malin qui me feront forcément lire la suite… Et puis il y a toujours une affaire récupérée par Malin dès le premier tome qui est toujours en cours et non résolue. Cette originalité là m’avait plu aussi et ouf, elle a été respectée ! D’ailleurs, j’aurai bien vu un “Printemps” où Malin n’était temporairement plus dans la police à cause de son alcoolisme et qu’elle se consacrerait uniquement à cette affaire et à sa fille. Mais l’épilogue me laisse croire qu’il en sera autrement…

En bref, l’opinion générale de moi même est la déception, même s’il s’agit dans l’ensemble d’un bon polar.

Published in: on 09/03/2011 at 8:44 PM  Comments (16)  

La lionne blanche, Henning Mankell

Troisième volet des aventures de Wallender, “La lionne blanche” commence au tout début du XXè siècle, en Afrique du Sud. Quand on sait que l’auteur a vécu, ou vit encore je ne sais pas, au Mozambique, ce n’est pas si étonnant. Mais après ce prologue, on se retrouve aujourd’hui (toujours dans les années 90 en fait) en Suède, à suivre une mère de famille et épouse comblée qui sera malheureusement au mauvais endroit au mauvais moment… Ce qui causera plein de problèmes à Kurt.

Plus long que les deux précédents opus, “La lionne blanche” est excellentissime.

J’avoue honnêtement qu’en me lançant dans trois aventures de Wallender à la suite, j’ai eu peur d’être lassée… Que nenni !!!

Non seulement on apprend tout un tas de choses sur l’Afrique du Sud, mais on voit avancer Kurt difficilement… Et je dois dire que Wallender n’est franchement pas au meilleur de sa forme ici… Arrêt de travail, voulant jouer à superman et se retrouvant en arrêt maladie, dépression, larmes… Mankell fait de son héros un anti-héros… que j’avoue avoir bien hâte de retrouver car je sais bien qu’il ne va pas prendre de retraite anticipée mais que va-t-il lui arriver alors, avant de partir à la retraite pour de vrai ?? (en 2010, moi j’en suis encore en 1993 !!)

Si l’auteur joue des mêmes codes, faisant faire des erreurs humaines aux policiers qui pourraient complètement malmener l’enquête, nous avons ici droit à une construction différente : prologue (pas d’épilogue malheureusement mais bon, on sait qu’il y en encore derrière!) et des récits alternants la vie en Suède et la vie en Afrique du Sud.

Comme dans le tome précédent où Wallender se rendait compte qu’il ne savait rien de la vie en dehors de la campagne suédoise, Mankell dénonce clairement la société sud-africaine de l’époque, l’aprtheid etc. Ne pas oublier que Mandela n’était pas encore président quand Mankell a écrit “la lionne blanche”.

Un polar haletant, bien construit avec nos héros préférés, autour d’un thème difficile et important qu’est l’Afrique du Sud… Et réussir à mettre sur le même bateau la Suède et l’Afrique du Sud… Je dis un grand Bravo !!

Un billet chez la livrophile (qui me rappelle qu’en effet, à un moment où Wallender et son équipe piétine carrément dans l’enquête, on sent un bout de lassitude à la lecture puisque nous, on sait bien ce qui s’est passé). Un billet également chez le nez dans les bouquins (qui éclaire la situation personnelle de Kurt que je n’ai pas abordée ici mais pour qui j’ai, moi aussi, énormément d’empathie, sinon je ne me permettrai pas de l’appeler par son prénom!).

Published in: on 20/11/2010 at 9:51 PM  Comments (15)  

Les chiens de Riga, Henning Mankell

Deuxième aventure de Kurt Wallender, “Les chiens de Riga” commence à la manière d’un Sjöwall et Wahlöö… Deux hommes en pleine mer, qui ont pas mal de choses à se reprocher et des choses pas très légales dans leur bateau, découvrent un canoë au large avec deux hommes en costume, enlacés et… morts. Soucieux de faire le bien, ils amarrent le canoë et le lache à quelques milles des côtes, persuadés qu’il sera trouvé plus vite… En effet, une femme qui promène son chien appellera la police rapidement pour faire part de sa macabre découverte…

Wallender est sur l’enquête mais comme tout porte à croire que les hommes et le canoë ne sont pas suédois, ils font appel à l’extérieur : un policier letton vient les aider. Petit, myope mais brillant policier, le major Liepa, une fois rentré chez lui, sera en fait le point de départ de toute l’enquête…

Une enquête, et donc un polar, brillant ! Et oui, si Henning Mankell s’inspire toujours un peu du cher couple “précurseurs du polar suédois” (des rhumes encore à droite à gauche mais surtout, beaucoup de fatigue chez Kurt ! J’avoue que je n’avais encore jamais rencontré un flic de papier qui avait autant besoin de dormir ! D’habitude, ils arrivent tous à passer trois nuits blanches de suite en se faisant passer pour une espèce de superman… Même s’ils boivent tous et divorcent tous (ce qui est aussi le cas de Kurt (mais là, je m’égare!!)))…

Je disais donc que si Mankell s’inspire un peu du couple précurseurs, on sent ici que l’enquête est menée de manière très différente : une espèce de roman d’espionnage dans une Lettonie grise, froide où tout le monde espionne tout le monde. Kurt Wallender mène son enquête de manière hyper officieuse, entre en Lettonie de manière complètement illégale… Entre la dénonciation d’un complot, des manières soviétiques de l’époque (toujours au début des années 90), les différents personnages sous surveillance qui interviennent pour aider Wallender et tous ceux en qui personne ne peut faire confiance, ce deuxième polar de Mankell est digne d’un super film d’action… américain !

Etrange ? Peut-être…. Mais c’est aussi en ça que j’ai trouvé “Les chiens de Riga” brillant. Non seulement il tranche avec “Meurtriers sans visage” dans sa construction, mais en plus il est écrit de telle manière que le suspens est vraiment à toutes les pages et qu’on s’imagine aisément notre “commandant” traversant les pays de l’Est la nuit sous l’escorte d’un inconnu pour rejoindre une belle femme avec qui il ne se passera pas grand chose de physique mais pour laquelle il est prêt à sauver le monde (de l’Est)!

Je crois que je suis devenu inconditionnelle des polars de Mankell. Et que j’aime beaucoup Kurt, notamment par rapport à la manière dont il mûri après son enquête… “(…)il se demandait de plus en plus si son ignorance réelle du monde qui l’entourait n’était pas en soi une sorte de mensonge, même si celui-ci avait sa source dans la naïveté, et non dans un déni élaboré consciemment”

La suite très très prochainement 😉

(Pourquoi ai-je du mal à trouver des billets sur les polars de Mankell ?? Mettez vos liens dans les commentaires svp!!)

Published in: on 18/11/2010 at 6:29 AM  Comments (8)  

Meurtiers sans visage, Henning Mankell

“L’homme inquiet”, paru il y a quelques semaines, est la dernière aventure de Kurt Wallender.

J’ai très souvent entendu parler de ce commissaire suédois. Quant à Henning Mankell, je crois que j’en ai toujours entendu parler comme étant LA référence du polar suédois.

Sauf que je n’avais encore jamais jeté un oeil aux enquêtes menées par Wallender.

Pour faire honneur à son départ, j’ai décidé de m’attaquer, dans l’ordre, à toute la série. Une espèce de marathon-Wallender comme l’a fait Tamara pour Amélie Nothomb (sauf que je ne trouve aucun jeu de mots!) Et à la différence aussi que je compte le faire trois par trois, et ce sur une durée indéterminée puisque je lis les intégrales dont le premier volume vient tout juste de paraître au Seuil.

J’ai donc attaqué avec Meurtriers sans visage.

Wallender, que sa femme vient de quitter, enquête sur un double meurtre. Un couple âgé, a priori sans ennemis, sans fortune et sans secrets a été sauvagement assassiné dans leur ferme. Qui peut leur en vouloir ? Pourquoi cette violence ? La femme est décédée quelques jours après son mari et a réussi à articuler le mot “étranger” avant de mourir. Est-ce que les immigrés ont quelque chose à voir là-dedans ?

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : Meurtriers sans visage est, évidemment, un excellent polar. Des personnages que j’ai hâte de retrouver, une enquête menée avec brio et où je n’ai rien vu venir, des dénonciations à tout va. A remettre dans son contexte parce que cela se passe en 1990 et qu’il n’y avait pas encore Internet et les téléphones portables. Mais Wallender et ses collègues s’en sortent bien, malgré quelques erreurs, malgré trop d’alcool ingurgité, malgré des problèmes personnels et malgré… des rhumes !

Et c’est là que j’en viens à Maj Sjöwall et Per Wahlöö.

Que viennent-ils faire là eux ?

Et bien, si vous suivez mes lectures, vous savez que ce couple de suédois sont les “précurseurs du roman policier suédois”, ayant écrit pas moins de 10 policiers mettant en scène Martin Beck, un commissaire très humain.

Henning Mankell a écrit plusieurs préfaces à certains de ces volumes réédités chez Rivages poches.

Et pour moi qui ai lu 9 titres de la série, je peux vous assurer que j’ai lu exactement la même chose ! Transposé 15 ans plus tard…

Wallender conduit en état d’ébriété… Un de ses collègues est enrhumé… Les dénonciations sur les nouvelles violences arrivant jusque dans la campagne suédoise où il ne se passait jamais rien… Les dénonciations de racisme… La résolution de l’enquête grâce à beaucoup de chances ou un simple hasard de la vie… Tout ça je l’ai lu dans les polars du couple suédois…

Alors je n’en ai pas moins aimé mon premier Wallender et je sens que je vais m’attacher à lui. J’ai déjà hâte de lire le dernier tome, c’est dire !

Mais c’est bien la preuve qu’il faut toujours re-contextualiser un roman paru il y a plusieurs années… Avant Mankell il y avait Sjöwall & Wahlöö. Et il est évident que Henning Mankell, plus connu que ces derniers dans le monde du polar suédois, s’est largement inspiré de leur “roman du crime”.

Un avis de ce premier opus chez PolarNoir (ainsi que sur bien d’autres de la série!)

Published in: on 16/11/2010 at 6:14 AM  Comments (20)