Tsundoku !

http://www.actualitte.com/humour/tsundoku-representation-d-un-vice-propre-aux-amateurs-de-livres-42431.htm

Je préfère largement le terme de “tsundoku” à celui de L.C.A.

Je suis officiellement (presque) une tsundoku !

Et vous ? 😉

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Published in: on 21/05/2013 at 6:07 AM  Comments (5)  

Une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh – La ligne de front – Manu Larcenet

Je suis tombée par le plus grand des hasards sur cette BD à la bibliothèque. Le titre contient le mot magique (Van Gogh, au cas où vous vous demanderiez…) donc je suis, évidemment, repartie avec.

Je ne suis pas une très grande fan du dessin de Manu Larcenet, mais l’association de Vincent et Manu n’était pas pour me déplaire.

L’idée est plutôt originale : Van Gogh n’est pas mort (son suicide était une mise en scène) et le voilà mandaté pour peindre la réalité de la guerre de 14-18.

Je dois vous dire que j’ai été très déçue et très agacée dans la première partie de la BD. Ok, rien n’est réel ici, Van Gogh était bel et bien mort et n’a jamais été “caporal”. Mais je n’ai pas du tout aimé les réactions de mon cher Vincent vu par Larcenet. Brutal, vulgaire, violent… Non ce n’était pas Van Gogh.

Et puis Van Gogh est arrivée sur les tranchées, et là on commence à retrouver mon Vincent : il rêve que les hommes qui l’entourent deviennent des oiseaux. Et à chaque fois qu’il rêve un de ces hommes en tant qu’oiseau, il meurt. Et puis arrive une petite fille aux grands yeux verts… Je ne vous raconte pas la suite, mais on arrive alors dans une BD totalement différente : pleine de poésie emmêlée dans les horreurs de la guerre, beaucoup d’amour, un peu de folie…

La deuxième partie de la BD correspond bien plus à la sensibilité que pouvait avoir Vincent Van Gogh et je trouve même qu’on retrouve cette sensibilité dans les toutes dernières toiles de Van Gogh dessinée par Larcenet en fin de volume.

J’apprends donc seulement aujourd’hui que “les aventures rocambolesques” existent aussi pour Freud (et d’autres). Je ne suis pas sûre de vouloir réitérer l’expérience, surtout parce que, comme je vous le disais, je ne suis pas une grande fan du graphisme de Larcenet (et je risque de m’attirer les foudres mais tant pis !)

Je ne suis tout de même pas mécontente de cette découverte.

Published in: on 19/05/2013 at 4:06 PM  Comments (5)  
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Olympe de Gouges, Catel & Bocquet

Femme de lettres et fille des Lumières, Olympe de Gouges est une femme dont je ne connaissais absolument pas la vie.

Mêlant la petite histoire et la grande (Olympe de Gouges a côtoyé les grands de l’époque des Lumières), ce récit est passionnant ! Allant de Montauban jusqu’aux plus grandes places parisiennes où s’est joué l’Histoire, en passant, bien sûr, par les nombreux salons littéraires et les grands théâtres, ce roman graphique est une vraie réussite.

Et il ne le serait pas ça si les illustrations n’étaient pas à la fois pertinentes, douces, fortes et tout simplement magnifiques !!! La ville de Paris, les villages du sud, les expressions de chacun des personnages (et il y en a beaucoup !), tout cela est tout simplement sublime… J’ai particulièrement aimé les dessins des immeubles en début de chaque chapitre. J’ai vraiment eu l’impression d’être face à de véritables gravures…

J’ai d’autant plus apprécié les notices biographiques des personnages principaux et secondaires en fin d’ouvrage, qui donne envie d’en apprendre toujours plus sur notre histoire (la petite et la grande, la mondiale et la locale (ça me fait un petit quelque chose de savoir que Condorcet est décédé à 3 arrêts de RER de chez moi, et ça me fait encore plus quelque chose quand j’apprends que Voltaire serait probablement né là où j’habite (vu qu’il y a au moins deux statues de lui dans la ville, on peut considérer cela comme un fait reconnu par la municipalité!)).

Bref, Olympe de Gouges par Catel & Bocquet connaît déjà un grand succès depuis sa sortie, et un succès mérité.

Une véritable réussite à tous les niveaux !

Published in: on 14/05/2013 at 9:01 PM  Comments (9)  
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Nos gloires secrètes, Tonino Benacquista

Je n’ai jamais vraiment aimé les nouvelles, mais j’ai toujours aimé Benacquista. Et ici j’ai retrouvé tout ce que j’aime chez Benacquista, et tout ce qui me dérange dans les nouvelles.

A savoir la frustration de sortir d’une histoire où les personnages sont attachants, terriblement humains, où les anecdotes sont croustillantes, tristes, étranges et qui se déroulent dans un univers relevant du micro-cosmos (j’aime vraiment les univers “micro-cosmo-scopiques” que créée Benacquista. Je les avais découvert dans “quatre romans noirs” et je me suis fait une joie de les retrouver !)

Il y a ici six nouvelles et ma préférence va nettement pour la première et la dernière. Rien d’étonnant à cela quand on se rend compte que ce sont les deux plus longues. On a plus de temps pour apprendre à connaître ces héros ordinaires qui cachent cependant une part d’ombre lumineuse (comme le dit si bien la 4è de couverture), leur vie, leur univers… Le tout fait de ces nouvelles des histoires vraiment touchantes.

On quitte chacun de ces hommes et femmes avec un sourire aux lèvres, une larme à l’œil, de l’admiration ou un pincement au cœur. Mais pour ce qui est de la nouvelle à proprement parler, le sentiment de frustration vient par-dessus. Frustration ou sentiment que l’auteur aurait pu aller plus loin mais que tout cela n’est pas abouti. Sauf, donc, pour la première et la dernière.

J’ai tout de même passer un bon moment de lecture et Benacquista confirme ici sa place dans mon panthéon, catégorie “J’aime”.

Le billet de benebonnou.

Published in: on 05/05/2013 at 7:37 PM  Comments (3)  

La planète des sages, Jul & Charles Pépin

Je ne suis pas spécialement une fan du dessin de Jul, mais apprendre (ou réapprendre) la philosophie et les philosophes ne fait pas de mal, surtout quand c’est fait de manière à la fois ludique et très simple.

Le concept est en effet simple : page de gauche, une planche de Jul, page de droite, explication très concise de l’homme, ou du courant de pensée (voire de l’école !) par Charles Pépin.

Soyons honnête, il y a encore beaucoup de courants de pensée auxquels je n’ai pas compris grand chose (sans forcément chercher à comprendre, le jour où je voudrais faire ça, je ne me contenterai pas d’une BD), et d’autres qui m’ont vraiment donné envie de pousser plus loin la découverte de l’homme/la femme et/ou leur philosophie. Notamment Erasme, Simone Weil, Sartre, Bergson…

J’ai aimé le fait que certaines explications ne soient pas objectives et qu’il y ait clairement des partis pris, notamment quand Jul et Charles Pépin eux-mêmes ne sont pas d’accord (ce qui arrive au moins une fois, pour Nietzsche) : cela prouve bien qu’en philosophie, être objectif est quasiment impossible.

Cependant, je trouve qu’il manque une petite conclusion : tourner la page après Sartre et puis “pouf” plus rien à part un index a été pour moi un peu trop abrupte.

Je n’ai de plus pas compris le choix au niveau de la présentation des philosophes et des courants : ce n’est pas par ordre chronologique, ce n’est pas par pays ou continent… ça a l’air d’être fait complètement au hasard. Pourquoi pas après tout, mais une petite explication avant ou après, une espèce d’épilogue, une ligne ou deux sur la volonté de faire cette BD et la démarche suivie pour la réaliser aurait pu apporter un véritable plus.

Je finis sur des petits points négatifs mais en fait je trouve que c’est un outil introductif merveilleux, justement parce que ludique et parce que donne des points de vue entièrement subjectifs auxquels on peut se confronter. Et puis c’est intemporel. Ma fille à 18 mois. Quand elle aura 18 ans et qu’elle entamera ses cours de philo, je serai bien contente de pouvoir lui sortir cette BD !

 

Published in: on 29/04/2013 at 9:09 PM  Comments (9)  
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Le plus petit baiser jamais recensé, Mathias Malzieu

Le héros de notre histoire, inventeur-dépressif, a rencontré une jeune femme qui a disparu dès qu’il l’a embrassé. Il embauche alors un détective privé et son perroquet pour retrouver la fille invisible.

Je n’avais jamais lu Mathias Malzieu avant mais j’ai toujours su qu’il y avait une touche d’originalité et de poésie dans ses romans. En effet,  “le plus petit baiser jamais recensé” est une histoire tout douce et fraîche, pleine de poésie saupoudrée de quelques touches de surréalisme.

Le tout met du baume au cœur, donne envie de tomber amoureux et de manger les chocolats qui sont nés de cette histoire…

La clef – La confession impudique. Junichiro Tanizaki

Si le sous-titre et la photo de couverture sont assez équivoques, j’avoue avoir ouvert ce roman sans savoir de quoi il s’agissait.

Vous l’avez remarqué, en ce moment je suis dans une période Japon. J’avais acheté ce livre il y a plusieurs mois déjà, lorsque j’ai appris qu’un film se passant à Venise en avait été tiré.

Et je comprends très bien  comment cet univers à la fois érotique, tendre, audacieux, malsain et légèrement scabreux peut avoir sa place à Venise.

Tout ici est jeu et manipulation entre mari et femme, à travers leur journaux intimes respectifs. L’auteur réussit cependant avec une grande délicatesse à ne pas dépasser une certaine limite. Après tout, nous sommes dans le Japon des années 60, un pays où règne un certain traditionalisme qui empêche de dire et de montrer bien des choses de son intimité et de ses sentiments. Tanizaki réussit pourtant à le faire avec beaucoup de raffinement.

Je pense donc bien continuer à découvrir l’œuvre de cet auteur (ce que j’ai déjà fait avec la nouvelle “Le tatouage” son premier texte à l’âge de 24 ans, dont je ne vous parlerai pas, mais qui m’a incité à continuer dans la découverte de l’univers de Tanizaki).

Published in: on 17/04/2013 at 6:37 PM  Comments (8)  
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Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki Murakami

Ce mois-ci sera ici un mois japonais, et peu importe si ce mois dure 45 ou 123 jours !

Quoi de mieux donc que “l’autobiographie” de Murakami ?

Cet essai, qui est bien comme son nom l’indique un autoportrait, est une espèce d’introspection autour des raisons pour lesquelles Murakami court, qu’est ce que ça lui apporte dans son métier d’écrivain et sa vie de tous les jours.

On pourrait penser que ce cheminement très personnel risque d’être ennuyeux. Eh bien pas le moins du monde ! Je ne saurais expliqué pourquoi… Si ce n’est que j’ai moi-même pratiqué le jogging il y a quelques temps pendant quelques mois (l’hiver a eu raison de moi mais ne soyons pas défaitiste, les cerisiers ont commencé à fleurir, je vais pouvoir prendre à nouveau ma bonne résolution!), et j’ai donc compris le processus, les pensées, les états d’âme, d’esprit et de corps que Murakami pense et ressent lorsqu’il court.

Je crois d’ailleurs que c’est surtout ça qui m’a plu : un auteur japonais m’a permis de me rendre compte à quel point courir pouvait être une activité indispensable au bon fonctionnement de ses nerfs et de son cerveau. Je le savais déjà, courir c’est bon pour la zénitude et c’est bon pour les neurones. Disons que je me suis sentie en adéquation totale avec les propos de Haruki Murakami.

Mais seulement au niveau de la course. La toute dernière partie est consacrée au triathlon, et si j’ai toujours bien aimé faire du vélo et nager, j’avoue que cette partie m’a laissé entièrement de marbre. J’ai trouvé qu’elle était là uniquement pour se prouver à lui-même qu’il pouvait faire tout ce qu’il avait décidé même si ses aptitudes physiques baissent avec l’âge. Les 3/4 du livre sur la course sont emprunt d’une certaine philosophie de vie et je n’ai absolument pas retrouvé cela dans les dernières pages.

Toujours est-il que si vous aimez courir et/ou si vous aimez Murakami, je vous conseille cet essai qui n’en est pas un. Je n’irai pas jusqu’à dire que cela permet de comprendre l’œuvre entière (que je suis loin d’avoir lue!) de l’auteur, mais ça donne de bonnes pistes de réflexion. Ça et bien sûr, une forte envie d’aller fouler les allées fleuries du magnifique parc à côté de chez soi !

Madame Chrysanthème, Pierre Loti

J’ai dévoré ce Madame Chrysanthème, bien qu’il ne s’y passe pas grand chose. Le héros, Pierre Loti, tient le journal des quelques mois qu’il a passé au Japon, dans la baie de Nagasaki, et durant lesquels il a épousé une petite japonaise, Madame Chrysanthème.

Il relate ses journées, il raconte ce qu’il voit, les “japoneries” avec un style très fluide, très doux et très simple qui donne vraiment envie d’y aller dans ce Japon du XIXè siècle.

Et pourtant, il ne cesse de dire qu’il s’y ennuie, il ne cesse de se moquer de sa femme (bien qu’il ait “peur” que son ami marin ait des vues sur elle… mais on comprend dans la préface et toutes les notes qui suivent que ce n’était que pour les bienfaits de l’intrigue, afin que le lecteur ne s’ennuie pas trop)… bref dans ses dires le Japon n’a rien d’extraordinaire et tout de petit et d’ennuyeux.

Et pourtant (pour ne pas me répéter), ce roman est un vrai bijou, c’est un roman d’une douceur élégante et très sensible (ce n’est pas pour rien que Van Gogh a tellement apprécié ce livre !). je crois que tout vient des détails, des descriptions de quelques rituels, de bibelots, de la manière simple et étrange de vivre des japonais qui rendent très bien de l’atmosphère.

Pierre Loti s’est peut-être ennuyé là-bas mais il rend avec précision une ambiance typique vers laquelle on ne peut pas ne pas être si on en a un tant soi peu d’admiration et de fascination pour ce pays.

Published in: on 08/04/2013 at 8:15 PM  Comments (4)  
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Couleur de peau, miel; Jung

Stephie en a parlé récemment et m’a donné envie de relire cette BD en deux tomes pour laquelle j’avais eu un énorme coup de cœur, il y a déjà quelques années.

A vrai dire je me souvenais surtout des dessins de Jung, que j’avais particulièrement aimé. Je me souvenais qu’il s’agissait de son autobiographie : Jung est coréen et a été adopté par une famille belge.

Évidemment tous les détails m’avait échappé : sa mère autoritaire, sa fascination pour le Japon (c’est asiatique mais ce n’est pas la Corée), le fait que ses parents ont adopté une autre enfant coréenne, et tout ce qui caractérise l’entrée dans l’adolescence pour un garçon…

J’ai été assez étonnée de la nuance très subtile qui existent entre les dessins représentant la Corée, surtout ceux qui sont imaginés (rencontre avec sa mère biologique) et le reste. J’aime vraiment beaucoup son trait, j’aime énormément son humour : l’histoire est vraiment racontée de manière un peu détachée mais avec beaucoup de tendresse pour ce jeune garçon et cet adolescent qu’il était, mais ses dessins de Corée sont beaucoup plus doux que les autres; notamment les arbres.

Il y a un petit passage sur les racines des arbres, métaphore pour les racines qu’il n’a pas vraiment et j’ai mieux compris alors pourquoi les arbres lui étaient si doux.

Et puis c’est une histoire très intéressante qui soulève beaucoup de thèmes important : l’adoption bien sûr, l’adolescence, la recherche de soi à travers les autres, la différence (il y avait 7 coréens adoptés dans son village belge, tous aussi différents les uns que les autres), l’entre-aide, la communauté (celle de ses frères et sœurs, celle des autre coréens…).

Si mon premier coup de cœur était certainement dû au dessin (je répète : je suis très sensible à son trait, j’ai d’ailleurs déjà vu par hasard une autre bande-dessinée de lui mais dont je ne me souviens plus du titre qui m’avait également énormément plu au niveau des courbes, de la douceur et de l’esthétique qui se dégage de son dessin); mon deuxième coup de cœur est pour le tout : l’humour, la tendresse,  l’Histoire…

Je recommande !

Published in: on 01/04/2013 at 8:35 PM  Comments (14)